dimanche 12 février 2012

Spielen wir

« Spielen wir » ou « jouons » en français est une fan-fiction assez particulière sur plusieurs points. Tout d'abord, elle a été écrite par deux auteurs [Julie & Ria] éloignés par plus de 300 km, ce qui a été assez complexe à faire. De plus, elle mélange le célèbre groupe allemand à un univers fortement inspiré par les séries asiatiques appelées « drama ». L'inspiration vient particulièrement du drama japonais « Life ». La fiction n'a jamais été terminée mais elle devrait un jour, revenir sur le devant de la scène... Bonne découverte et bonne lecture à tous. 








Préambule




« Maintenant qu'ils sont là, fais-toi vite un nom. » pensait-il la tête dans les bras, assis contre un mur du hall du lycée Kôsen. Ses cheveux châtains tombaient dans ses yeux bleus perdus dans la contemplation du sol désormais sale. C'était le sourire absent qu'il avait franchit la première fois les portes de son nouveau lycée, mais désormais, il se sentait fort, presque imperturbable. Il était là depuis la rentrée des classes Japonaises, c'est-à-dire depuis avril. Heureusement, maintenant, ils étaient plus forts pour s'emparer de Kôsen. « Ils »? Son père, grand gérant d'une entreprise mondialement renommée, est venu travailler à Tokyo, au siège même de l'entreprise, délaissant ainsi son Allemagne natale et forçant femme et enfants à le suivre. Ses cinq meilleurs amis l'ont rejoins quelques mois plus tard, eux aussi, fils de patrons de multinationales. Un garçon grand aux cheveux châtains et portant des lunettes carrées s'avança vers lui: « A défaut de venir dans un nouveau lycée, autant qu'on se fasse tous remarquer non? ». Cette phrase les percuta et tous étaient d'accord avec cela. Une idée aussi partagée par le garçon se tenant à sa droite. « Il va falloir qu'on s'intègre dès aujourd'hui. » dit-il en rejoignant les deux hommes. Ce dernier était presque heureux de quitter l'Allemagne. Ses amis avaient tellement changés pendant leur première année de lycée que l'idée de les quitter ne l'avait pas même chagriné. Pour lui, son unique but ici est de devenir populaire. L'idée de former une sorte de groupe de garçons populaires était une très bonne idée pour tous et d'autant plus que ce ne serait pas difficile pour eux; aucun n'est laid, aucun n'est pas attirant. Seul celui se tenant au bout restait en réserve. Il n'avait pas pipé mot depuis qu'il avait franchi la porte du lycée. Un grand costaud avec une belle gueule. Pour les filles présentes lors de leur arrivée; une sorte de « Mec parfait ». Deux autres beaux garçons se tenaient à leurs côtés. Le premier, un grand brun aux yeux bleus, comme quasiment tous les autres, se tenait une main sur la hanche, le regard perdu dans le mur et l'esprit absent. C'était le seul qui avait réellement hésité à partir d'Allemagne; il s'était fait un nom, avait mis du temps à faire cela, et a dû tout abandonner d'un coup. Mais finalement, il avait plié bagages lui aussi. Le dernier, le plus grand, ne disait rien, mais l'expression presque avide dans son regard laissait facilement penser que lui aussi désirait être connu ici.

_ Shigeru : « Bonjour messieurs, je suis Shigeru et voici les Ka-min. Kana, Akira, Miyako, Iwa et Naomi. Vous êtes nouveaux. Je le sais parce que Mme Chizuru me l'a dit. C'est notre professeur principal. Vous êtes tous dans ma classe, la 1.C, et donc on m'a demandé de vous présenter un peu tout. Vos uniformes vous seront remis aujourd'hui et on vous donnera l'équivalent de vos moyennes d'Allemagne ici. Je vous fais la visite ? »
_ « Non, c'est bon. » Dit le premier en la dépassant.



Quelques mois plus tard:
Les rues de Tokyo sont envahies par des milliers de personnes. Seules les ruelles sont plongées dans l'obscurité, sans aucun signe de vie. Seuls dix hommes font leur apparition tous les soirs dans les quartiers malfamés de la capitale japonaise. Leur but principal étant de rivaliser contre d'autres bandes du même genre. Ils se font appeler les T10, [ou T(od) 10], un clan composé de 10 hommes tous fils de grands patrons. Ils sont devenus des sortes de hooligans, sans foi ni loi. Le garçon à lunettes est devenu leur chef, Christian Lorenz, plus connu sous le surnom de Flake, et est sûrement le plus violent d'entre eux. Parmi eux, son meilleur ami, Christoph Schneider. Autrement dit, le bras droit de Lorenz. Lorenz a une confiance aveugle en son ami d'enfance. Seul Schneider peut se vanter d'avoir un tel privilège. Schneider est un jeune homme mystérieux et discret mais cela n'empêche pas le fait qu'il est craint par la plupart des élèves de leur lycée, le lycée Kôsen. Le plus imprévisible de la bande est sans aucun doute Till Lindemann. Tout comme en Allemagne, son activité préférée étant de persécuter les autres, Lorenz lui confit souvent des missions pour se venger de ceux qui oseraient l'insulter. Lindemann a toujours remplit ses missions haut la main, poussant même certains élèves au suicide. Vous a-t-on aussi déjà parlé de Kruspe ? Si oui, faites tout pour l'éviter. Richard Kruspe est un jeune homme particulièrement pervers. Certains vous diront qu'il est fou et d'autres n'oseront même pas vous dire quoique ce soit sur lui par peur qu'il ne le sache un jour. Parmi eux se trouve un homme à qui on pourrait confier le monde si on ne se fiait qu'à son visage angélique. Mais comme tout bon psychopathe, il retournera sa veste au moment propice et fera tout pour vous détruire, vous rabaisser plus bas que terre : Oliver Riedel. T10 ne serait rien non plus sans Heiko Hirsch. Beaucoup de gens se demandent ce qu'il fait dans cette bande car c'est le seul qui paraît humain. Mais ce jeune homme fera toujours passer l'amitié avant toute autre chose, c'est pour cela qu'il est aussi un adversaire redoutable. A leur arrivée au Japon, et plus particulièrement au lycée Kôsen, ces six allemands ont fait la connaissance de quatre marginaux. Ces quatre garçons ont toujours été respectés par leurs camarades. C'est pour cela que Lorenz a eu la bonne idée de s'associer à eux, cela lui permettant de gravir plus vite les échelons pour se retrouver chef de gang. Et pourquoi ne pas devenir le chef de Kôsen ? Shun, Takumi, Jun et Nakatsu ont acceptés volontiers. A eux dix, ils forment la bande la plus crainte à Kôsen. Mais cela est sans compter sur une autre bande, celle de six sublimes créatures : les Ka-min. Leur chef est Shigeru, une jeune femme qui ne jure, elle aussi, que par la persécution. Son allure de mannequin fait rêver beaucoup de jeunes hommes de Kôsen. Elle a aussi son bras droit toujours avec elle : Kana. Kana est en quelque sorte le parfait sosie de Shigeru. Elles se ressemblent beaucoup physiquement et mentalement. Elles se déclarent elles-mêmes « les deux meilleures amies au monde ». Elles sont vénérées par les jeunes hommes de Kôsen et détestées par un grand nombre de jeunes femmes. Elles sont toujours accompagnées, elles aussi, de leurs amies : Akira, Miyako, Iwa, Naomi. Ces six dernières sont elles aussi plus belles et folles les unes que les autres. Shigeru les a défendues chacune leur tour il y a de nombreuses années, c'est pour cela qu'elles se sont jurées de ne jamais décevoir cette dernière. Les seuls qui osent résister au clan Ka-min sont ceux qui appartiennent au clan T10. Depuis de nombreux mois, ils se sont jurés une guerre sans merci. Quiconque approuve les décisions d'un des deux clans se retrouve contre l'autre clan.

_ Lindemann : « Alors Shin, tu pactises avec l'ennemi ? »
_ Shin : « Non Till ! Elles me tournent autour parce que je fais du football et que c'est le meilleur moyen pour qu'elles puissent approcher mes coéquipiers. Mais je ne suis pas de leur côté ! Je t'en supplie, crois-moi ! »
_ Lindemann : « Flake, on en fait quoi de ce morveux ? »
_ Lorenz : « Tu as carte blanche. »
_ Lindemann : « Que la fête commence. »




Chapitre 1




Suite aux paroles de Lindemann, Shin commença à faire quelques pas en arrière, le stress monta en lui. Lindemann le regardait droit dans les yeux comme si il voulait lui faire comprendre un message : « prépare-toi à passer un mauvais moment ». Shin avala sa salive et sentit ses yeux qui s'humidifiaient face à cette vision. Mais il ne put reculer davantage. Il se sentit prit par les deux bras et plaquer contre un mur. Le choc lui fit fermer les yeux et quand il les ouvrit à nouveau, il vit Kruspe et Riedel à côté de lui. Ils le fixèrent en ricanant. Les deux hommes lâchèrent les bras de Shin et se reculèrent pour laisser la place à l'imposant Lindemann. Il se plaça devant sa proie et se caressa les mains pour se préparer à ce qu'il allait faire dès que Lorenz lui aurait donné le signal. Il regarda donc le chef des T10 et ce dernier lui fit un léger signe de la tête pour lui dire de commencer.


Lindemann regarda une dernière fois Shin et lui sourit. Soudain, il ravala son sourire, le fixa et lui donna un puissant coup de poing dans le ventre. Shin se plia en deux suite au choc de ce geste. Mais Lindemann le prit par l'épaule droite pour le relever et lui donna un autre coup de poing de la même puissance. Puis un deuxième et un troisième. Shin se mit vite à cracher du sang. Il se mit à pleurer et supplia Lindemann plusieurs fois de lui pardonner mais ce dernier le prit à nouveau par les épaules et le jeta à terre. Commença donc une longue série de coups de pieds dans le ventre et le dos. L'état de Shin faisait peine à voir mais le bourreau continua le travail qu'il avait commencé. Shin essaya tant bien que mal de se débattre et d'aller jusqu'au niveau de Lorenz mais les coups que lui donnait son adversaire étaient tellement violents que très vite il fût comme paralysé. Il voyait bien que se débattre ne changeait en rien la situation. Il abandonna face à la brutalité du colosse en face de lui. Il vit les autres membres du Tod-1o tout autour de lui. Certains étaient assis sur les barrières qui entouraient les routes et les autres s'étaient réunis autour de leur chef. Lorenz regarda le spectacle sans détourner une seule fois les yeux. Il avait l'air d'apprécier cette vision d'un traître se faisant corriger. Soudain, il prit son paquet de Marlboro qui était dans sa veste en cuir, y sortit une cigarette et l'alluma. Il tira une bouffée, puis une autre pendant que Lindemann continuait de martyriser Shin. Lindemann passa à la vitesse supérieure, jugeant que Shin pouvait encore supporter la douleur. Lindemann saisit Shin par les cheveux et claqua celui-ci contre le bitume. Shin était allongé comme un mort sur le sol froid de Tokyo. Lorenz se leva, alla très calmement jusqu'à Lindemann, puis posa sa main sur l'épaule gauche de son ami. Lindemann regarda Lorenz et comprit qu'il avait fini son travail pour aujourd'hui. Ce dernier alla rejoindre les autres qui étaient restés en retrait. Lorenz prit une nouvelle bouffée tout en regardant Shin, gisant sur le sol. « Tu encaisses bien les coups Shin-kun », dit l'allemand. Shin regarda l'homme le plus redouté des gangs agissants dans son lycée et vit la cigarette de Lorenz approcher son bras droit. Il essaya de cacher son bras sous son corps mais Lorenz attrapa celui-ci à temps et y déposa le petit objet chaud. Des hurlements se firent entendre dans tout le quartier. Après quelques secondes, Lorenz retira sa cigarette. Il la jeta à quelques centimètres de son pied et l'écrasa. « Te voilà marquer par les T10. Si on te reprend une autre fois en compagnie des Ka-min, crois-moi, tu trouveras que ce soir c'était un simple échauffement. Je me suis bien fait comprendre ? » Dit-il en direction du corps faible se trouvant à ses pieds. « Oui, Flake. Je... ne recommencerai plus. Je te le promets. Je te le jure ! » Dit Shin en se remettant à pleurer à chaudes larmes. « Ne fais pas de promesse que tu ne pourras pas tenir », lui répondit le chef de gang. « Je tiendrai parole ! J'ai compris la leçon... » Dit Shin en se calmant. Lorenz lui sourit, fier de la promesse que le jeune lycéen venait de lui faire. Il fixa une dernière fois le jeune homme toujours par terre et détourna la tête pour regarder ses fidèles amis allemands. « On y va les gars, les gonzesses nous attendent », dit-il en allemand à leur attention. Puis il regarda ses amis japonais, les salua avant de partir en compagnie de Schneider, Riedel, Lindemann, Hirsch et Kruspe.


Shin ne se releva pas avant que quelqu'un d'autre ne vienne l'aider et ce, bien évidement, pas avant que l'ombre du T10 ait disparu du regard de tous ceux qui étaient présents. Personne n'était venu en aide à Shin, mais tout le monde avait « profité du spectacle », de peur de se retrouver à la place du pauvre garçon.

_ Keita : « Pff ces pauv' mecs... Je ne sais pas c'qu'il leur est arrivé avant mais 'sont vraiment cons ! » dit-il en relevant Shin.
_ Shin : « Si quelqu'un d'autre que moi t'as entendu... je te connais pas. »


_ Kana : « Shigeru ? Tu veux faire quoi avec elle ? »
_ Shigeru : « Si je la chope... Elle est morte... »
_ Miyako : « Azami-san ? »
_ Shigeru : « Ouais... Nan mais... Tss des garces comme elle polluent notre si beau lycée... Et comme il faut lutter contre la pollution, je vais me sacrifier. »
_ Akira : « Elle arrive ! » dit-elle en poussant la porte des toilettes pour dames.
_ Shigeru : « Et en plus elle met trois plombes à venir. »

_ Azami : « Je suis là, qu'est-ce que tu me veux ? »
_ Shigeru : « Pourquoi t'as dit à Richard que je suis une garce ? »
_ Azami : « Lui aussi le pense. »
_ Shigeru : « Tu n'aurais jamais du faire ça. »
_ Azami : « Et je ne lui ai pas dit explicitement ! »
_ Shigeru : « Mais ça revient au même ! Tu m'as faite baisser dans son estime ! Tu es finie ! »
_ Iwa : « On est prêtes. »
_ Azami : « Prêtes à quoi ? »
_ Shigeru : « Tu verras bien. »


Naomi sortit en trombe des WC, un sourire aux lèvres. Iwa et Akira en firent de même et seules restèrent Azami, Shigeru, Miyako et Kana qui prirent chacune un bras d'Azami, désormais immobilisée contre le mur. Elle ne cherchait même pas à bouger, elle savait pertinemment ce que ces garces étaient capables de faire, et de toute façon, le mal était fait. Les trois autres revinrent une dizaine de minutes plus tard alors que Shigeru était en train de se remaquiller.


_ Iwa : « Et voila. »
_ Shigeru : « Parfait, lâchez-la les filles. »


Azami sortit des toilettes avec précautions, elle jeta un regard noir à Shigeru et entrouvrît la porte. Lorsqu'elle poussa cette dernière, elle vit Akira et Naomi lui jeter deux seaux à la figure. Un visiblement rempli d'eau, l'autre de farine. Le tout donnait un mélange assez pâteux pour qu'il se colle parfaitement aux vêtements d'Azami. Les deux se mirent à rire puis rentrèrent dans les WC. Elle ne bougea pas de suite, comme atterrée par ce qu'elle avait sur le corps. Dans le hall, tout le monde la regardait et beaucoup rigolaient. Tandis qu'elle avait repris ses esprits, Ka-min sortit des toilettes et chacune la bouscula. Cinq « pardon » retentirent. Quand Shigeru passa près d'elle, elle la heurta et se jeta sur le sol.


_ Shigeru : « Heey, pourquoi tu m'as poussée si fort ? Aie... Je me suis fait mal... Qu'est-ce que je t'ai fait ? »
_ Azami : « Je rêve... »
_ Shigeru : « T'es pas bien dans ta tête toi. Tu t'acharnes sur moi comme ça alors que je ne t'ai rien fait. » dit-elle tandis que Kana l'aidait à se relever.


Azami ne répondit pas et se dirigea vers d'autres WC plus loin dans le lycée. Sur le chemin, elle passa devant le panneau d'information. Elle s'arrêta devant et sentit les larmes monter en elle.


« Azami Okada est une pute. Azami Okada est une garce. Azami Okada ne mérite pas d'être appréciée. Azami Okada est une tricheuse. Azami Okada ne pense qu'à l'argent. Azami Okada ne mérite que de crever. »


Ces phrases lui déchirèrent le cœur. Elles étaient inscrites sur des photos la représentant, toutes accrochées sur ce fichu panneau. Elle arracha toutes les photographies, les jeta dans la poubelle la plus proche et se posa sur le sol, à genoux, les mains sur le sol. Son cœur était en mille morceaux, son ego n'était plus et son orgueil encore moins. Tout en espérant que cette fois-ci serait la dernière, elle tenta d'ôter quelques grumeaux de farine collés à sa jupe. Elle remarqua alors qu'une masse de gens s'était formée autour d'elle, elle se leva et se dirigea en trombe vers les toilettes où elle s'enferma dans une cabine.


_ Naomi : « Ah ah... Génial ! »


Naomi était une fille assez grande, la plus grande des Ka-min. Sa taille et sa carrure assez carrée lui donnait un air assez impressionnant. Cette dernière était la seule assez crédible physiquement pour l'intimidation.


_ Shigeru : « Pitoyable. Allez, on bouge. »




Chapitre 2




_ Azami Nakamura ?
_ Azami : « C'est moi. »
_ Suivez-moi.

Quand elle se leva de son siège, elle sentit que tous les regards des cinquante autres personnes présentes dans la pièce étaient braqués sur elle. Elle passa devant Shigeru qui lui adressa un sourire faussement enjoué et devant Richard qui se tenait devant cette dernière mais ne prêta même pas attention à la jeune fille qui lui faisait les yeux doux. 

_ Shigeru Ogawa ?
_ Shigeru : « Oui ? »
_ « Vous venez aussi. »

Malgré la couche de fond de teint qu'elle avait mis le matin même, on pût facilement voir qu'elle changea de couleur. Elle dépassa Azami qui s'était arrêtée devant le pupitre du professeur et lui lança un regard gentil. Oui... Gentil. Les deux jeunes femmes suivirent le surveillant qui les mena jusqu'au bureau du proviseur Uméda qui les attendait, siégeant dans son fauteuil. 

_ Uméda : « Bonjour mesdemoiselles, asseyez-vous. Donc... Vous êtes toutes les deux ici pour parler de l'incident qui a eu lieu hier dans le temps du midi. Quelqu'un peut m'expliquer ? »
_ Azami : « C'est très simple... »
_ Shigeru : « Elle m'a bousculé violement quand je suis sortie des toilettes ! Et depuis je souffre de la cheville droite ! »
_ Uméda : « Hum... Je vois. Dans un souci d'équité, je vais devoir te demander de me raconter ta version des faits Azami. »

Elle lança un coup d'œil à Shigeru qui lui rendit son regard. En quelques secondes, le temps d'un regard, Azami sentit son corps se raidir. Elle ne tenait en aucun cas à revivre la péripétie de la veille et baissa les yeux au sol. « Elle... Je... Suis désolée. » murmura-t-elle. Shigeru lui demanda sur un ton méprisant de répéter, ce qu'elle fit, en criant presque. Ses yeux étaient remplis de fureur et de tristesse, mais elle savait très bien ce qu'elle était capable de faire. Repenser à Nakao lui donnait toujours les larmes aux yeux, même un an après. Il y a un an, presque jours pour jours, Shigeru donna le coup final à Nakao, une des amies d'Azami qu'elle estimait le plus. La seule à vrai dire. Pendant deux mois, Nakao avait supporté beaucoup de choses; les coups bas, les humiliations, même un faux petit ami complice de la garce. Le pire était arrivé après... Après que Shigeru soit revenue de Paris. L'histoire est tellement incroyable et mauvaise que même si elle était contée ici, personne ne croirait ces lignes. En ruminant l'histoire, les jambes d'Azami se mirent à trembler, comme à chaque fois que ses pensées partent vers Nakao. C'était le 26 septembre de l'année dernière; 2008. Après son voyage à Paris, Shigeru mit quelques semaines à arrêter de se vanter de ce qu'elle s'était achetée dans la ville Lumière. Tout le monde en avait assez mais, évidement, aucun n'osait ouvrir la bouche de peur de représailles. Elle en parlait donc à tout le monde et tout le monde écoutait. Elle ne s'arrêtait que pour se remaquiller, ce qui tapait sur les nerfs d'Azami et Nakao. C'était les seules qui n'écoutaient pas et ne faisaient pas semblant de le faire... À tort sûrement. Un jour, Iwa le fit remarquer à Shigeru qui fut prise d'une colère noire inutile. Elle se mit à les traiter de tout les noms et finit par ne s'en prendre qu'à Azami; Nakao la protégea. C'est exactement à cause de cette réaction que Shigeru commença réellement à s'en prendre exclusivement à Nakao. Elle endura tout, les persécutions, les attaques personnelles, les attaques verbales à sa famille. Un jour qu'elle se promenait dans Tokyo, quelqu'un l'appela, quand elle se retourna, son sang ne fit qu'un tour, elle se raidit. « Hey ! Nakao, tu vas bien ? » Shigeru lui fit la bise et repris le bras de l'homme qu'elle avait au bras. « Je te présente mon ami ? Nakao voici... ».. Cette dernière la coupa: « Je le connais merci. » Elle regarda son frère d'un air terrorisé. « Qu'... comment ? » Shigeru la stoppa: « Dans la rue, il y a de cela deux semaines! Il m'a plus et je l'ai abordé, comme ça ! ». L'expression sur le visage de Nakao était d'autant plus terrifiante que ce qu'elle ressentait en ce moment: « Non ! Tu... Peux pas ! Non ! » « Et si ! Allez, bonne journée. » Dans les semaines qui ont suivies, le frère de Nakao se dégrada, elle découvrit qu'il avait découvert l'enfer de la drogue, qu'il dealait même. Il revenait souvent avec quelques bleus. Un jour, elle avait surpris Shigeru lui demander d'aller frapper quelqu'un sous prétexte qu'il lui avait mis la main aux fesses. Cet engrenage ne mit pas longtemps à arriver à son terme... Le frère de Nakao mourut dans le mois d'après sa rencontre avec Shigeru. Guerre des gangs. Jamais Shigeru ne fut réprimée pour ce qu'elle avait fait. Elle ne chercha même pas à éviter la mort de Dai. Nakao restait persuadée que l'adolescente ne s'en voulait même pas. La colère de la jeune fille ne se fit pas attendre. C'était un lundi, se rappelle Azami. Son amie avait donné rendez-vous à Shigeru après les cours devant les toilettes pour femmes du bâtiment supérieur avec la ferme intention de se venger. Elle était accompagnée d'Azami, là pour stopper la bagarre dès qu'elle commencerait. Certes, elle avait fait semblant de soutenir son amie dans ce qu'elle voulait faire, mais elle savait très bien qu'elle ne ferait pas le poids. Le reste arriva rapidement. C'est une Nakao emplie de rage qui accueillit une Shigeru faussement candide. Elles s'expliquèrent vite, et en vinrent vite aux mains. Les sbires de Shigeru l'aidèrent tandis que deux tenaient Azami. Elles la forcèrent à tout regarder, les yeux pleins de larmes. Elle vit son amie se faire tabasser, ruer de coups, jusqu'au sang. Elle se débattit; en vain. Une fois que Shigeru eut décidé qu'elle avait eu son compte, c'est-à-dire dès le moment où elle était sûre qu'elle ne pouvait plus marcher, elles partirent et allèrent se plaindre au directeur. Nakao fut expulsée de Kôsen. La jeune fille ne donna plus de nouvelles à sa meilleure amie durant un mois. Azami l'appelait, lui envoyait des mails, même des lettres, allait sonner chez elle mais n'eut jamais de réponse. En quatre semaines, les seules nouvelles qu'elle eut de sa seule amie se trouvaient dans les annonces de décès du journal de la ville. 
La voix du principal la fit sortir de ses sombres rêves:

_ Uméda : « Comme tu le sais, les parents de Shigeru sont des gens très importants pour notre école. C'est un réel honneur que d'avoir la jeune Shigeru scolarisée à Kôsen. Elle a gentiment refusé ma proposition de te renvoyer de l'école. »
_ Azami : « Merci. »
_ Uméda : « A la condition que tu t'excuses publiquement à Shigeru. »

Azami regarda Shigeru qui affichait un large sourire. Sa jambe droite était plâtrée grossièrement, mais apparemment assez bien pour que tout le monde se fasse avoir. Elle avait gagné.

_ Azami : « Soit. »

C'est à 14h30 que tous les élèves du lycée Kôsen se retrouvèrent dans la cour, formant un cercle autour des deux protagonistes. Malgré ses pleurs, Azami avait fini par s'accroupir devant les pieds de Shigeru qui elle, affichait un large sourire. Azami supplia Shigeru de bien vouloir lui pardonner son acte, demandant à cette dernière de lui accorder son amitié. Shigeru accepta sous les applaudissements des élèves. Quant à eux, les T10 n'avaient pas bougé d'un pouce, regardant le spectacle avec mépris. Lorenz semblait perdu dans ses pensées tout en regardant la jeune Azami qui était toujours aux pieds de Shigeru. Il pensa donc qu'il était grand temps d'agrandir son cercle amical... Schneider quant à lui, était fasciné par la beauté de Kana Matsuda. Il est clair que son physique était voluptueux et avantageux. La belle japonaise avait tout d'une peste mais malgré tout, Schneider semblait sensible à son charme. 

_ Schneider : « Dis Richard, tu vois la fille avec les longs cheveux colorés qui est à côté de Shigeru ? »
_ Kruspe : « Je vois la traînée et... Ah oui ! Kana Matsuda. C'est justement la meilleure amie de la traînée. Pourquoi ? »
_ Schneider : « Non, pour rien. C'était juste pour savoir qui c'était. »
_ Kruspe : « Mon petit Christoph aurait-il un faible pour la vilaine madame qui suit tous les faits et gestes de la méchante traînée ? »
_ Schneider : « Ta gueule Richard ! Je ne veux pas que Flake entende notre conversation. S’il savait ça, il me tuerait de ses propres mains, tu le sais bien. »
_ Kruspe : « Bien sûr que je le sais. Mais donc c'est vrai ? J'ai raison ? Tu aimes Kana ? »
_ Schneider : « Non, je ne l'aime PAS. C'est juste qu'elle est mignonne et que je me demandais qui c'était. Mais maintenant que je sais qu'elle fait parti des Ka-min, je ne peux pas m'approcher d'elle. »
_ Kruspe : « Je te couvrirais ! Je sais que je suis un con mais pas à ce point là. Tu sais que je sais garder des secrets. Bon Dieu, je ne m'appelle pas Lindemann ! »
_ Schneider : « Et heureusement parce qu'à l'heure qu'il est, Flake aurait déjà été au courant ! Bon, je te fais confiance Richard. Pas un mot à Flake ! »
_ Kruspe : « Promis. »

C'est à la sortie des cours que Flake s'introduit en cachette dans les toilettes des filles, profitant que Azami soit seule. Surprise de voir le grand allemand, elle s'éloigna doucement vers les lavabos et baissa les yeux, puis la tête.

_ Flake : « Azami, j'ai vu les excuses que tu as faites à Shigeru. »
_ Azami : « Tout le monde se moque de moi maintenant. Ils m'insultent tous de traînée. D'ailleurs, depuis cette après-midi, il n'y a que toi qui m'a parlé. »
_ Flake : « Je dois t'avouer que je ne sais pas ce que c'est que de se faire insulter par tout le monde. Mais j'imagine que ça ne doit pas être très plaisant. »
_ Azami : « Non... »
_ Flake : « Ne pleures pas, j'ai un marché à te proposer. »
_ Azami : « Lequel ? »
_ Flake : « J'imagine que tu dois détester Shigeru plus que tout au monde. Je serais pareil si j'étais toi. Mais contrairement à toi, je suis quelqu'un de respecté et de craint. C'est pour ça que je te propose de te venger de cette traînée. »
_ Azami : « Et qu'est-ce qui me dit qu'une fois que tu auras ce que tu veux, je serai à l'abri si jamais elle voulait se venger à son tour ? »
_ Flake : « Rejoins le T1o de manière temporaire, aide nous à l'anéantir et je te jure sur ce que j'ai de plus cher que personne n'osera plus jamais te faire de mal. Je m'engage personnellement et au nom de tout le T1o à te protéger aussi souvent que tu en auras besoin. Azami, rejoins le T1o. »
_ Azami : « Je... je ne sais pas. Shigeru reste puissante et il suffit d'une fois où je ne serai pas avec vous pour qu'elle ait ma peau ! »

Azami sortit en courant des toilettes, une boule au ventre. Kruspe qui était resté en dehors des toilettes, regardait au loin la jeune japonaise s'enfuir de Kôsen, c'est alors que Lorenz le rejoignit. 

_ Flake : « A toi de jouer, il me la faut absolument ! »




Chapitre 3




Azami courut le plus vite possible vers la sortie du lycée Kôsen, sous les regards intrigués des élèves qui se trouvaient dans la cour. En sortant de l'enceinte de l'établissement, elle prit la ruelle à sa droite, sans vraiment réfléchir. Les larmes troublèrent sa vision, elle trébucha plusieurs fois sur des bouts de bois qui trainaient dans la rue. Elle n'arrivait pas à se calmer, c'était au dessus de ses forces. La journée qu'elle venait de vivre lui avait semblé affreuse, elle se sentait souillée. Elle savait que le lendemain, elle devrait à nouveau faire face aux mêmes personnes qui lui pourrissaient l'existence et ça, ça la mettait hors d'elle. Elle repensait inlassablement à la proposition de Lorenz, le « grand manitou » des T1o. Soudain, elle sortit de ses pensées et regarda autour d'elle. De toute évidence, elle n'était plus dans le centre-ville de Tokyo mais où exactement, elle aurait aimé le savoir. Elle était perdue, dans tout les sens du terme. Ce n'était vraiment pas sa journée, de toute évidence. Elle repéra au loin un court d'eau entouré de verdure, alors elle décida de s'approcher de plus près pour se calmer car dans son état, elle n'arriverait à rien. Elle se recroquevilla sur elle-même et mis sa tête contre ses genoux. Les dernières larmes qui lui rester coulèrent sur son uniforme déjà bien abimé depuis la veille. Lorsqu'elle eut fini, elle leva un peu la tête. Le discours de Lorenz repassait en boucle dans sa tête mais elle ne voyait pas l'intérêt d'accepter car lorsqu'elle ne ferait plus parti de la bande, elle se retrouverait seule contre son ennemie jurée. Elle sentit un mouvement à côté d'elle, alors elle tourna la tête pour voir ce qui se passait. Elle n'en revenait pas. Il était là, à côté d'elle. Elle le dévisagea puis par timidité, elle tourna sa tête vers le court d'eau, fixant au loin les quelques cygnes qui barbotaient dans l'eau glaciale. Il sortit un paquet de cigarette de la poche intérieur de sa veste en cuir, l'allumant dans la même foulée. Il semblait apprécier l'air venant se frotter contre son visage, il sourit. Azami ne savait quoi faire, il était là sans parler, juste à regarder la nature en face de lui. Elle tourna un peu son visage vers lui, ses yeux semblait encore plus bleu à cette distance. Azami aurait pu regarder l'allemand pendant des heures comme ça, juste à contempler sa beauté. Mais ce dernier lui, s'ennuya bien vite et Azami le remarquait.


_ Azami : « Qu'est-ce que tu fais là Richard ? »
_ Kruspe : « Je t'ai vu quitté le lycée en pleurs alors je t'ai suivi pour m'assurer que tu ne ferais pas de bêtises. »
_ Azami : « Ah ! Merci... »
_ Kruspe : « Tu sais, avec les gars on pourrait vraiment te protéger face à Shigeru. »
_ Azami : « C'est ce que Flake m'a dit avant que je parte en trombe de Kôsen. Tu sais ce qu'il m'a dit ? »
_ Kruspe : « Dis-moi. »
_ Azami : « Que le T1o s'engageait à me protéger et que cette alliance temporaire me permettrait de me venger de l'autre garce. »
_ Kruspe : « Tu comptes faire quoi ? »
_ Azami : « Je ne sais pas... Richard ? »
_ Kruspe : « Quoi ? »
_ Azami : « Tu me protégerais toi ? »
_Kruspe : « Oui, tu as ma parole. Mais pour ça, il faut que tu acceptes la proposition de Flake. »
_Azami : « Je ne sais pas si je serais vraiment en sécu... »
_Kruspe : « Azami ! Je connais Flake depuis très longtemps, tout comme les autres. Nous sommes des personnes de confiance car nous sommes peut-être pas les plus gentils mais nous avons qu'une parole. Si Flake t'as proposée ce deal, c'est qu'il a mûrement réfléchis à ça. Et quand Flake dit quelque chose, les autres sont automatiquement de son avis. Tu peux me croire. Il te protégera comme il te l'a dit. Et puis, je suis là moi aussi. Tu as confiance en moi ? »
_Azami : « Oui, Richard. »
_Kruspe : « Alors levons nous et allons rejoindre Flake chez lui, que tu lui dises toi-même que tu acceptes la proposition. »


Kruspe se leva et lui tendit sa main droite. Azami savait que si elle la prenait, elle ferait alors parti du T1o pour une période encore inconnue. Cette main représentait beaucoup à ses yeux. C'était à la fois la délivrance et la vengeance mais aussi un terrain inconnu, elle se mettrait à dos les partisans des Ka-min. Mais qu'à cela ne tienne, elle n'avait plus rien à perdre, au contraire. Elle serait protégée par des personnes respectées et craintes par leurs camarades. Peut-être deviendrait-elle un jour elle aussi quelqu'un de leur envergure. Alors elle prit la main de Kruspe et la serra. Il lui fit son plus beau sourire, il arborait un air incroyablement satisfait. 
_ Kruspe : « En route ! »


_ Shigeru : « Pardon ?! Elle a quoi ?! »
_ Akira : « Azami a rejoint le T1o, c'est Katsumi qui l'a entendu dire par Keita qui l'a... »
_ Shigeru : « Soit. Elle veut que je lui fasse la peau cette fille. »
_ Miyako : « C'était peut-être pas conscient. Je suis sûre que... »
_ Shigeru : « Elle veut la guerre, elle va l'avoir, c'est tout. »
_ Kana : « Tu y vas peut-être un peu fort Shigeru... »
_ Shigeru : « Pardon ?! Kana tu ne vas pas t'y mettre ?! Tu as vu ce qu'elle m'a fait, ma jambe souffre et j’ai été très, très gentille de ne pas l'avoir faite renvoyer ! Et là, elle me fait ce coup bas ! Elle va comprendre... »
_ Kana : « Tu veux faire quoi cette fois ? »
_ Shigeru : « Je verrai et je vous dirai ce que vous devrez faire ! »


L'esprit de Shigeru commença à s'activer. Elle n'avait jamais été très douée en classe, son père étant assez riche pour la faire passer dans la classe supérieure quoi qu'il arrive, mais elle avait un certain don pour imaginer des plans tous plus tordus les uns que les autres. Elle savait manipuler les foules et en obtenir ce qu'elle voulait. La jeune femme sortit devant le lycée et s'alluma une cigarette, sa troupe sur les talons. Assise sur un banc, elle vit le beau Richard passer à une dizaine de mètres d'elle et lui adressa son regard le plus pénétrant et le plus beau sourire qu'elle avait en réserve. Le principal intéressé ne prêta aucune attention aux charmes de la demoiselle et traça son chemin en direction du self. Depuis le self, il retrouva les T1o avec Azami et son cœur fit un bond dans sa poitrine. « Pauvre con » pensa-t-il. Il s'asseya et Flake commença à expliquer ce qu'il pensait le mieux pour stopper Shigeru et sa clique. Leur principal objectif étant de protéger Azami pour le moment, ils attendaient que Shigeru fasse quelque chose à l'encontre de cette dernière. Tandis que Flake parlait, Richard se surpris à observer du coin de l'œil les agissements d'Azami qui se tenait tranquille, buvant les paroles de Flake. Le cœur du bel étalon fit encore des siennes à la vue de la belle dévorant des yeux un autre que lui. Il s'insulta intérieurement et se leva.


_ Flake : « Tu vas où là ? »
_ Richard : « Je sors. Tu me tiens au courant. »
_ Schneider : « Je viens. »


_ Richard : « T'es sur Kana là ? Si ouais, j'peux toujours t'aider. »
_ Schneider : « Tu te prends pour un conseiller matrimonial ou quoi ? »
_ Richard : « Ta gueule, c'est pas ça. Juste que si tu sors avec la fille que tu veux, Flake trouvera ça peut-être normal et laissera... les autres faire ce qu'ils veulent. »
_ Schneider : « Ouais c'est ça ! »
_ Richard : « Quoi ? »
_ Schneider : « T'es un excellent manipulateur mais pour mentir ça... »
_ Richard : « Quoi ? Je ne t’ai pas menti ! »
_ Schneider : « Genre ! »
_ Richard : « Mais... Et en quoi je t'aurais menti ?! »
_ Schneider : « Tu la bouffes littéralement des yeux la petite Azami ! »
_ Richard : « N'importe-quoi ! Vas consulter mec t'as un souci ! »
_ Schneider : « Pas besoin de te vexer, je disais juste ce que je pense. »
_ Richard : « Mais je me vexe pas ! T'as pris tes pilules ce matin toi ?! »
_ Schneider : « Mais oui bien sûr. Allez retourne roucouler dans le self tiens ! »
_ Richard : « Mais ta gueule. »
_ Schneider : « Et t'inquiètes pas, je dirai rien. »

_ Richard : « T'as intérêt ouais. »


Schneider esquissa un sourire et parti vers l'extérieur tandis que Kruspe retourna avec les T1o dans le self. Il n'y trouva personne. D'un simple coup de téléphone, il retrouva le T1o dans leur salle de cours attitrée.


_ Richard : « Où est Azami ? »
_ Flake : « Elle est partie, on ne va pas la chaperonner non plus. »
_ Richard : « Partie où ? »
_ Flake : « On la chaperonne pas je te dis ! »


Le jeune homme sortit de la salle en trombe et n'entendit pas son portable sonner quand il se mit à courir en direction de la sortie de Kôsen. 

« 03 5420 8800 n'est pas disponible pour le moment. Laissez votre message après le bip sonore. Bip !
_Ouais Kruspe c'est Schneider. Je te conseille de vite te ramener au coin fumeur, Azami a l'air d'avoir des problèmes. Je ne m’en mêle pas, je préfère que tu fasses le chevalier tout seul. »


Bien sur, Richard n'entendit jamais ceci et pendant qu'il hasardait dans le lycée, Shigeru avait attrapé Azami dans un coin avec tout sa clique. Les insultes fusaient. À première vue, les talents de Shigeru pour inventer des plans machiavéliques s'étaient taris et elle avait décidé d'être directe. 


_ Shigeru : « Il va falloir que tu arrêtes de te fiche de moi ma chérie, parce que tes problèmes vont finir par être encore plus importants qu'ils ne le sont maintenant. »
_ Azami : « Tu crois réellement que tu me fais peur ? »
_ Shigeru : « J'espère ! Et tu ferais mieux d'avoir peur de moi. »
_ Azami : « Genre ! »
_ Shigeru : « Écoute chérie, c'est pas parce que Lorenz est ton nouveau meilleur ami que tu dois penser que tu es à l'abri. Tu m'as fait du mal, je ne vois pas pourquoi je ne te ferais pas payer, T1o ou pas T1o ! »


Tandis que Kruspe se dirigeait vers la sortie, Miyako s'approcha dangereusement d'Azami, la bloqua contre le mur en lui assenant un coup de genoux dans le ventre. La jeune fille se retrouva sur le sol et Miyako entreprit de la frapper là où ses mains la touchaient.


_ Kruspe : « J'peux vous aider ? »
_ Shigeru : « Oui si tu veux, tiens. »


Shigeru releva la tête et Iwa stoppa l'enregistrement vidéo.


_ Shigeru : « Oh Richard, tu sais, elle m'a fait tellement de mal... Je devais lui faire payer ce qu'elle m'a fait. »
_ Kruspe : « Lâche-là. »
_ Shigeru : « Mais... »


Richard prit les épaules de la jeune femme et la frappa contre le mur.


_ Kruspe : « Lâche... Là ! »
_ Shigeru : « Miyako ! Relève-là. Tout de suite ! Tu comprends Richard, je ne voulais pas que ça se passe comme ça, je voulais juste m'expliquer avec elle, que tout rentre dans l'ordre et qu'on redevienne bonnes amies. Mais c'est elle ! Elle s'est énervée d'un seul coup et m'a frappée. Je me suis juste défendue ! »


Richard n'écoutait plus Shigeru, il prit Azami par la main et l'emmena loin, sur un banc.


_ Kruspe : « Ça va ? »
_ Azami : « O.. oui. Je... »
_ Kruspe : « Je t'emmène à l'infirmerie ! »
_ Azami : « Non ! Surtout pas, non ! Elle le saura et... Je devrais lui dire ce qu'il s'est passé, non ! »
_ Kruspe : « Comme tu veux... »
_ Azami : « Merci, vraiment. »
_ Kruspe : « Pas de quoi. »


Le regard de la fille croisa celui de Richard, encore une fois, il sentit son cœur émettre un fort battement, trop fort au goût de ce dernier. Il continuait à s'insulter en silence mais ne pouvait empêcher son regard de se promener sur le corps d'Azami. Ses yeux, ses longs cheveux bruns, ses yeux verts en amande, ses petits seins magnifiques, son ventre plat, ses jambes ni trop longues, ni trop petites... 


_ Azami : « Richard ? Ça va ? »
_ Kruspe : « Hein ? Heu ouais. »


Elle lui sourit et là, il sût. 


Lorsqu’Oliver apparait, cela ne présage jamais rien de bon. Alors que la journée de cours s'était finie depuis plus de dix minutes, ce dernier arrivait d'un pas tranquille dans la cours. On pouvait le repérer de loin : un grand garçon, à l'allure athlétique, cheveux rasés, toujours les mains dans les poches de son pantalon noir. Il regarda autour de lui et vit Heiko au loin, assit sur un banc, regardant avec malice trois des Ka-min se trouvant à une dizaine de mètres de lui. Sur son passage, tout le monde se retournait prudemment pour le regarder. Lorsque Heiko le vit enfin, il lui sourit de toutes ses dents. Les deux garçons étaient très proches, souvent fourrés tous les deux. 


_ Riedel : « Qu'est-ce que tu fous tout seul à sourire comme un con ? »
_ Hirsch : « Bien le bonjour à toi aussi l'ami ! Je regarde les trois poufs là-bas. Je me disais qu'elles avaient vachement l'air conne quand même. »
_ Riedel : « M'en parle pas, elles me sortent par le nez ! Toujours à parler de mecs, de leurs ongles, de ce qu'elles vont mettre le soir même pour sortir en boite... »
_ Hirsch : « Nos ex n'étaient pas mieux. »
_ Riedel : « C'était une autre forme de stupidité, je dirais. En parlant de truc un peu con, j'ai entendu une conversation entre Schneider et Richard qui pourrait t'intéresser mon nain ! »
_ Hirsch : « L'aspect con, ça doit être pour Richard. Ça, j'ai. Dis-moi tout mon bichon. »
_ Riedel : « Schneider bave royalement devant Kana des Ka-min ! »
_ Hirsch : « Non ? Sérieusement ?! »
_ Riedel : « Oui, je te le promets. Richard a promis de ne rien dire à Flake, il a même dit qu'il l'aiderait à sortir avec elle et qu'il l'aiderait à cacher cette relation. »
_ Hirsch : « Le scoop que tu me dis là grande perche ! Mais attends... comment tu sais ça toi ? »
_ Riedel : « J'étais juste derrière eux mais ils ne m'ont absolument pas repéré. J'en ai profité pour laisser trainer une oreille attentive. »
_ Hirsch : « Pas mal ! Dire que Schneider s'intéresse à ce truc là. Il était pourtant le seul à être sorti qu'avec des canons sans avoir une seule relation honteuse. Bah là, il nous bat tous ! »
_ Riedel : « Oh j'ai une idée ! On va s'approcher d'elles discrètement pour écouter ce qu'elles disent ! »
_ Hirsch : « Je suis toujours partant pour les coups foireux, tu le sais bien ! »


Les deux garçons se rapprochèrent doucement du groupe des trois filles, entendant à merveille leur conversation qui les fit rire. 


_ Kana : « Nan mais je vous jure les filles c'était... waow ! Mais vous ne pouvez pas comprendre quoi... »
_ Iwa : « Nan mais raconte ! »
_ Kana : « Je sais pas... Ouais ok ! En fait, Doi m'a emmené chez lui et tout. Il m'a fais fumer, et là... S'est approché de moi, m'a embrassée. Bon je résume hein ! Et ben, ça a fini sur le canapé, son corps contre le mien, parfait quoi ! »
_ Miyako : « Doi ? Ce n’est pas celui qui sort avec Shizue ? »
_ Kana : « Mais non, ça doit pas être lui enfin ! » 
_ Miyako : « Been... Bref, continue. »
_ Kana : « Euh... Ok. Et après, il m'a emmenée en ville, voir ses amis et je vous jure, ils étaient vraiment super sympas ! On a été en boîte, dansé comme des fous et Takeo m'a prise par les hanches, on a continué à danser. Il m'a embrassée et... »
_ Naomi : « Takeo ? Tu rigoles, il sort avec Chinatsu ! »
_ Kana : « Mais... Non ! »
_ Naomi : « Pardon, continue. »
_ Kana : « Et... Il.. M'a emmenée dans sa voiture et s'ensuivit ce qu'il s'ensuivit... me regarde pas comme ça Naomi, je sais qu'il n'a pas de copine !! »
_ Naomi : « Nan ben j'ai dû me tromper c'est tout. »
_ Kana : « Oui c'est ça, tu t'es trompée. »
_ Iwa : « Mais ils t'ont rappelée après ? »
_ Kana : « Qu'est-ce que tu insinues ? Bien sûr que oui ! »
_ Iwa : « Non ben rien, juste que vu qu'ils sont en couple, je me demandais... »
_ Kana : « Ils ne sont pas en couple je te dis ! »


_ Olli : « Excusez-nous les filles... On vous dérange ? »
_ Kana : « Qu'est-ce que vous nous voulez ? »
_ Heiko : « Rien, juste... Parler. »
_ Kana : « On vous écoute. »
_ Olli : « On se demandait juste... Pourquoi vous écoutez Cruella d'Enfer ? »
_ Kana : « Pardon ? »
_ Olli : « Shigeru ! »
_ Kana : « Tss elle est pas aussi méchante que vous le pensez ! »
_ Heiko : « Oui... Bien sur ! C'est vrai que c'est les autres qui se frappent dessus ou s'humilient pour après dire que c'est elle. Mais bien sûr, elle n'a rien fait ! »
_ Naomi : « Nan mais arrêtez, si vous voulez foutre la merde, allez ailleurs ! »
_ Olli : « Regardez la vérité en face... »
_ Naomi : « Quelle vérité ?! Shigeru est gentille ! Vous êtes juste une bande de cons violents ! »
_ Heiko : « Mais oui, mais oui, et attention, ce soir on risque de venir te mordre, on est des vampires aussi ! »
_ Naomi : « C'est ça... »
_ Olli : « Nan mais on dit ça pour vous. J'veux dire... Dans notre « groupe », c'est, certes Flake qui en dit le plus mais tout le monde a son mot à dire. Excusez-moi, dans le vôtre, il ne me semble pas que ce soit le cas. Elle vous mène à la baguette. »
_ Kana : « Casse-toi au lieu de dire des conneries ! »
_ Olli : « Comme vous voulez. Mais on n'abandonne pas, Kana, on veut te parler. »


_ Kana : « Qu'est-ce que vous me voulez ?! »
_ Olli : « Te dire des trucs qu'on a entendu. »


Kana les écoutait d'un air intrigué. Bien sûr, tout ce qui allait sortir de la bouche des deux allemands n'était pas vrai, mais il fallait que la fille y croit.


_ Olli : « Elle l'a dit, vous n'êtes que des objets pour elle. Elle fait de vous ce qu'elle veut, elle sait très bien que vous la suivrez toujours, quoiqu'elle décide. On l'a entendu. »
_ Kana : « Genre ! Et elle disait ça à elle-même ? »
_ Olli : « Non, à Richard. »
_ Kana : « Et vous croyez qu'elle dit toute la vérité à ce mec ? »
_ Olli : « Oh que oui, elle le bouffe des yeux dès qu'elle le voit, elle est incapable de mentir en sa présence. »
_ Kana : « Ouais... »
_ Heiko : « Ecoute, tu me saoules, tu crois ce que tu veux, nous on te dit la vérité. Choisis un peu mieux tes amis si tu ne veux pas être un pantin pour tout le monde. On veut être sympas, te faire voir la vérité en face, mais si tu ne veux pas enlever le bandeau que t'as sur les yeux, on peut rien faire pour toi. Une dernière fois, elle sait l'impact qu'elle a sur vous, et sur toi plus particulièrement et elle s'en sert pour dominer Kôsen. C'est tout, les faits sont là. Ne cherche pas à trouver une pseudo vérité qui t'arrangerait ! Nous on dit ça, c'est tout. On dit que ce que Richard a entendu, ce qu'elle lui a dit, point! Maintenant t'y crois pas c'est ton problème, c'est tout ! »
_ Kana : « Pff, nan mais arrêtez deux minutes sérieusement, et arrêtez de vouloir chercher la merde partout ! Shigeru est mon amie et je suis la sienne, elle m'aime et me traite de la sorte ! »
_ Olli : « On t'a dit, tu te débrouilles avec ce qu'on t'a dit, maintenant, tu ne veux pas croire la vérité ? Ben tant pis pour toi, c'est tout ! »

Les deux allemands laissèrent la jeune femme seule, bien conscients que malgré ses réactions, ce qu'ils avaient dit était dès à présent ancré dans son esprit.

1 commentaire:

  1. J'avais déjà commencé à relire cette fiction sur Skyrock mais c'est toujours un plaisir de la redécouvrir. C'est un univers vraiment à part, très original. Flake en chef de bande, sans foi ni loi ... Rien que ça, c'est jouissif ! J'espère sincèrement qu'un jour, nous aurons la chance de connaître la suite de cette histoire ! (:

    Et un petit HS pour finir : encore quelques retouches à revoir et demain soir, je pense que tu auras ma nouvelle modifiée entre les mains !

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