Avec un mois de retard (problèmes personnels, travail et écœurement), le deuxième concours est désormais enfin en ligne mais avant d’en parler plus longuement, j’aurais aimé revenir sur certains points qui me semblent importants avec vous.
J’organise des concours de nouvelles qui portent sur les membres du groupe Rammstein avec un énorme plaisir car j’aime l’idée que tous autant que nous sommes, auteurs et lecteurs, nous nous retrouvons autour de textes plus sympathiques les uns que les autres et que nous relevons chacun des challenges qui sont imposés. J’apprécie encore plus lorsque certains auteurs participent malgré un emploi du temps chargé, des problèmes de santé/familiaux ou encore malgré leur « phobie » de montrer leurs écrits devant les yeux d’inconnus. Cependant, j’apprécie beaucoup moins les personnes qui me réclament ces fameux concours, qui s’inscrivent gaiement la bouche en cœur mais qui au final, ne rendent pas d’écrit. Dans ces personnes, il y a deux cas : les personnes qui se retrouvent bloquées pour manque d’inspiration ou alors par manque de temps mais qui me préviennent en m’expliquant le pourquoi du comment et donc ces personnes sont parfaitement excusées (ça peut arriver à n’importe qui) MAIS il y a aussi des personnes qui se retrouvent dans la même situation et qui ne me préviennent pas. Soyons clairs : je déteste, j’exècre les gens qui me prennent pour une pauvre conne ! Vous voulez des concours, vous en avez alors à votre tour de remplir votre part du marché. Je ne vise personne en particulier car vous avez été plusieurs à me faire le coup cette fois-ci. C’est si compliqué d’envoyer un mail, un MP sur facebook ou de laisser un commentaire ici pour me prévenir ? Vous voulez un conseil amical ? Ne recommencez plus jamais sinon vous risquerez d’entendre parler du pays dans des termes peu sympathiques.
Dans un second temps, je réfléchis à un moyen de rendre les concours plus intéressants, plus ludiques pour chacun d’entre nous. Je pense notamment à me servir d’un support internet plus simple pour faciliter vos « recherches » sur les concours (je trouve Blogger peu facile d’utilisation au final) ; mais aussi à constituer un jury qui départagerait les candidats (qui resteraient anonymes donc seulement connus de moi et non des lecteurs/membres du jury) sur plusieurs points comme le respect du sujet, la pertinence du texte,… ou alors trouver un compromis entre jury et lecteurs. Ce que j’aimerais le plus, ce serait de changer les membres du jury à chaque concours pour que personne ne sache qui écrit et qui évalue. Donc c’est à vous de me dire ce que vous en pensez, ce que vous aimeriez, vos idées pour améliorer les concours,… A vous aussi de faire fonctionner vos méninges !
Et dans un dernier temps, j’aimerais tout simplement vous dire que vous pouvez parler de ce concept autour de vous, n’hésitez pas à NOUS faire de la pub, à attirer du monde dans notre petit cercle d’auteurs et de lecteurs !
Donc pour résumer les choses : je cherche des personnes MOTIVEES, qui aiment écrire depuis un moment ou tout simplement des personnes qui veulent se lancer dans l’aventure. TOUT LE MONDE peut écrire de belles choses, peu importe si vous écrivez depuis dix ans ou dix jours. Je cherche également des personnes qui veulent faire parti du fameux jury mais aussi des personnes qui veulent être tantôt jury, tantôt auteurs. Ce blog est fait pour vous, il ne fonctionnera qu’avec votre aide à chacun !
Maintenant, place aux nouvelles du second concours qui fonctionne avec les anciennes règles. Merci aux auteurs de ne pas voter pour vous-mêmes, soyez bons joueurs ; n’oubliez pas que vous n’avez pas le droit de dire quelle est votre nouvelle ! Merci de voter uniquement sur cet article, vos commentaires seront publiés en même temps que le résultat : le mercredi 13 juin 2012 à 21 heures. Lecteurs, votez pour la nouvelle qui pour vous colle le plus avec le sujet tout en argumentant votre choix. Bonne lecture et à vos claviers !
Première Nouvelle
Tu seras mon fils
2O ans. Cela fait 20 ans que je ne me suis plus approché de ce cimetière mais surtout de cette tombe. C'était il y a 20 ans et pourtant c'est comme si c'était hier que le cercueil contenant sa dépouille s'enfonçait six pieds sous terre pour ne plus jamais réapparaitre à la surface.
Pourquoi y retourner maintenant ? Je n'en sais rien à vrai dire, mais ce que je sais c'est que lui et moi, nous nous ressemblons bien plus que je ne veux l'admettre, ce qui a le don de m'agacer au plus haut point. Toute cette journée du 4 mai 1992 me revient en mémoire comme un mauvais film qui passe et repasse dans ma tête sans aucuns moyens de pouvoir l'arrêter, sans que je puisse y faire quelque chose. Je me rappelle encore les invités présents, pas leurs noms mais seulement leurs visages, leurs visages emplis de tristesse, sentiment qui m'était parfaitement inconnu alors en cette journée. Je me rappelle encore les yeux rouges de Maman et de Siskia, leurs larmes silencieuses qui dévalaient leurs joues pâles et qui parfois se glissaient dans leurs lèvres ou le long de leurs cous. Je me rappelle encore Nele qui ne comprenait pas ce qui se passait, qui me demandait sans arrêt de sa petite voix pourquoi est-ce que tous les monsieurs et les madames pleuraient et pourquoi je ne pleurais pas. Pourquoi aurais-je pleuré, d'ailleurs ? Parce qu'il était mort ? De joie peut-être mais nullement de tristesse ou de peine ou je ne sais quel autre sentiment affligeant propre aux enterrements. Cet homme m'était un parfait inconnu, pourquoi aurais-je versé ne serait-ce qu'une larme pour lui ? Parce qu'il m'avait offert la vie ? Comme si il en avait eu quelque chose à faire.
Je lui disais parfois à Maman quand il n'était pas là, je lui disais qu'un jour ou l'autre, nous ne pourrions plus vivre sous le même toit tellement nous ne nous comprenions pas et à chaque fois, elle me prenait dans ses bras, même alors quand j'avais 15 ans, et me suppliait de renoncer à cette idée, qu'elle ne le supporterait pas. Plus d'une fois je fus tenté de lui demander de faire un choix entre lui et moi mais ça aurait été alors me mettre à son niveau à lui et en aucun cas je ne voulais lui ressembler. Je poussai tout doucement le portillon en fer forgé dévoré par la rouille, les ronces et les mauvaises herbes y avaient apparemment élu domicile durant mon absence. Tout en marchant, je me ressassais encore cette journée qui, pour moi, avait tout changé. Au sortir de ce même cimetière, j'avais été prise d'une envie soudaine de rire, je me sentais léger et hors du temps, mes semelles parurent ne plus exister, le plomb qui s'y était accumulé durant toute ces années avait disparu comme lui. Evidemment, je m'étais bien retenu en présence de tous ces gens et de ma famille mais bon sang, il y avait des années que je ne m'étais pas senti aussi euphorique, aussi enjoué, aussi heureux en somme. Je crois même que de son vivant, je ne m'étais pas senti aussi bien qu'à sa mort, ce qui aujourd'hui m'apparait comme monstrueux de ma part. Comment peut-on éprouver cela à la mort de son père, comment peut-on penser que l'on sera plus heureux que jamais maintenant qu'il est décédé ? En étant soi-même un monstre, pensai-je tout en m'avançant parmi les tombes. Certaines étaient patinées par le temps, d'autres étaient plus récentes, accentuant encore plus mon malaise. Et dire qu'il y a 2 ans, j'avais fait
semblant d'être mort pour le besoin d'un clip...
Je la vis alors, une pierre tombale gris pâle avec son nom, sa date de naissance et de mort et les quelques mots laissés par ses proches: à mon mari, à mon frère, à mon oncle… Mais je vis qu'il en manquait un, où était celui laissé par Siskia, à mon père ? Je me rappelle à quel point je l'avais désapprouvé de prendre celui-ci, parce qu'en plus d'être un mauvais père pour moi, il en avait été un aussi pour elle, tout comme il a été un mauvais époux pour ma mère. Elle en avait bavé avec lui, aujourd'hui je sais que si elle est restée, c'était pour ma soeur et moi car dans le cas contraire, elle l'aurait laissé tombé dans son alcoolisme et ses poèmes ratés. Mais elle n'est pas comme ça ma mère, elle a du caractère certes mais elle a aussi un coeur en or, ce qui fait qu'elle préfère donner du bonheur aux autres avant son bonheur à elle. Et puis, je pense qu'elle aurait été terrifiée de nous laisser avec lui car comme tout homme alcoolique et battant sa femme, il savait se faire respecter de tout le monde, il n'aurait eu donc aucun mal à nous avoir rien que pour lui. Je ne préfère même pas imaginer ce qu'aurait été notre vie alors...
Cela fait déjà plusieurs minutes que je suis devant sa tombe et je me sens mal, comme pas à ma place. En même temps, je ne suis jamais retourné sur sa tombe depuis son enterrement, alors que ma soeur et ma mère y vont tous les ans pour son anniversaire.
Quelle drôle d'idée !
Et puis soudain, sans que je ne m'y attende, des larmes coulent sur mes joues, parce que je sais que même en le détestant plus que tout au monde, je suis comme lui. Je n'ai jamais battu de femmes de ma vie et j'aime mes enfants plus que tout au monde mais je suis un poète malheureux, j'ai souvent eu des penchants un peu trop prononcés pour l'alcool et surtout, j'aime les femmes comme lui les aimait. Il trompait sans vergognes ma mère, il savait les charmer et les faire languir, pour finalement se débarrasser d'elles quand elles tombaient amoureuses. Je suis un peu comme ça aussi, sauf que je ne le fais pas de manière consciente, bien souvent j'ai l'impression que ces femmes qui viennent dans mon lit savent à quoi s'attendre avec moi mais qu'elles ont l'âme d'un martyr ou bien elles pensant pouvoir me changer alors elles viennent quand même. Je pleure encore et encore, je me sens si faible et si lâche, j'ai l'impression que quelque chose de malfaisant est entré en moi, un être qui m'incite à la peur comme lorsque j'étais enfant et que ma mère se faisait battre sous mes yeux. Je me sens redevenir ce petit garçon, je sens mes semelles se remplirent à nouveau de plomb mais
surtout, je ressens cette peur horrible et morbide qui m'habitait quand les cris de ma mère s'arrêtaient et que je savais qu'il remontait à l'étage pour se coucher, tout en frôlant ma chambre. Je me sentais alors comme agressé, comme si c'était moi qui venait de me prendre une volée monumentale, comme si c'était moi qui était couvert de bleus à divers endroits de mon corps depuis des années. Ces nuits-là, j'étais sûr de faire le
même cauchemar, celui qui me hantait depuis que j'étais né, me semblait-il: le mariage de mes parents. Je n'étais pas né bien sûr ce jour-là pourtant, à cause de ce cauchemar, je savais dans les moindres détails ce qui s'était passé. Je savais que mon père, sous ses airs d'amoureux transis, allait en faire baver à ma mère et qu'elle, toute naïve qu'elle était, ne se doutait de rien. Je lui hurlai alors de s'en aller, de lui dire non et de ne
plus jamais le revoir. Mais bien sûr, elle ne s'en allait pas, elle lui disait oui et ce, jusqu'à ce qu'il meurt. Je m'effondrai alors à terre et je me sentais tomber, tomber dans un vide si grand et si vaste que je pensais mourir jusqu'à ce que je me réveillai dans mon lit le matin, en regrettant de ne pas avoir été mort durant la nuit. Une main se pose délicatement sur mon épaule, mais je ne peux retenir un sursautement, j'étais parti si loin dans mes pensées...
- Je ne pensai pas que tu viendrais, me dit alors ma soeur.
- Moi non plus, je ne sais même pas ce que je fais ici, lui répondis-je.
Elle me sourit, on sent tout de même que cet endroit ne lui plait pas et qu'elle aimerait
partir d'ici le plus vite possible.
- C'est toi qui a enlevé la plaque ?
- Laquelle ?
- A mon père.
Ma soeur me regarda avec étonnement, comme si c'était moi qui lui avait demandé de
l'enlever alors que je n'en avais aucun souvenir.
- Ça doit faire 4-5 ans que je l'ai enlevée, j'ai repensé à ce que tu m'avais dit le jour
de l'enterrement et tu avais parfaitement raison.
- Remets-là.
- Quoi ?
- Sissi, même après ce qu'il nous a fait, il la mérite.
- Comment peux-tu dire ça ? Tu le détestais !!!!
- Je sais mais lui et moi, on se ressemble bien plus qu'on ne peut l'imaginer...
Deuxième Nouvelle
Elke
Son corps contre le mien, mes mains se frayent délicatement un chemin vers sa voluptueuse poitrine. Mes lèvres, brûlantes de désir, viennent épouser l'un de ses tétons redressés, signe irréfutable de son excitation. Ses petits doigts coquins viennent se glisser sur mon postérieur, pour ensuite le palper fermement. Totalement possédé par la passion charnelle, je laisse parler cette dernière en effectuant d'incessants va-et-viens au creux de ses reins. Ma respiration s'accélère, tout comme la sienne. Ma partenaire laisse échapper quelques gémissements qui ne font qu'accroître mon plaisir personnel. Le nirvana n'est alors plus très loin ; je touche bientôt au but. Dans un ultime mouvement de mon bassin, ma bouche s'entrouve afin que ma jouissance se fasse entendre et, épuisé, je finis par poser ma tête tout près de celle qui venait de partager ce délicieux moment avec moi. Lentement, je redescends sur Terre et m'apprête à déposer un baiser sur ses douces lèvres. Et là, à cet instant précis, comme bien trop souvent, la réalité me rattrape de plein fouet. La femme qui me fait face n'est pas celle à laquelle j'avais pensé tout au long de cet ébat enflammé. Il ne s'agit que de Svenja, ma nouvelle compagne depuis bientôt trois mois. Ne laissant transparaître en aucun cas ma déception, je lui donne tout de même ce baiser afin de n'éveiller aucun soupçon chez elle. Au fond de mon être, j'ignore si j'éprouve le moindre sentiment amoureux pour Svenja. Je l'apprécie, ça c'est certain mais… l'aimer ? Je ne sais pas. Pourtant, c'est le genre de femme que tout homme pourrait rêver d'avoir à ses côtés. Une belle brune avec des formes là où il faut ; plutôt intelligente et un brin drôle mais… Non. Rien n'y fait. Elle n'est pas comme elle. Elle n'est pas Elke.
Je regarde l'heure affichée sur le réveil de la table de chevet. 07h15. Il est temps de se préparer pour cette nouvelle journée. D'une manière plutôt précipitée, je sors du lit et commence à me rhabiller. Derrière mon dos, je sens le regard malicieux de Svenja se balader sur mon corps tout entier.
- Mmmh … Vous avez là un fort joli petit cul, monsieur Lindemann.
- Si vous le dites, madame Lehnart.
- Oh allez ! Arrête de faire celui qui se trouve moche, tu sais très bien que ce n'est pas le cas. Tu reviens à quelle heure ? me demande t-elle en souriant.
- Je ne sais pas vraiment, à vrai dire. Le temps de déposer Nele à l'école et de rejoindre le groupe après pour répéter un peu...
- Ah oui. Ton groupe au nom si évocateur... dit-elle, en soupirant.
L'exaspération se fait plus que sentir au travers de ces simples mots. Pourtant, il va falloir que Svenja s'habitue à cette évidence : je suis tout sauf un petit ami exemplaire. Cette manie de toujours aller à droite et à gauche, au lieu de passer du temps avec ma moitié, est quasiment maladif chez moi. Je ne peux m'empêcher de réitérer ce schéma malsain avec chacune de mes compagnes. Même la femme qui a le plus compté dans ma vie en avait malheureusement fait les frais. La mère de ma fille. Elke.
Malgré l'amour fou que je lui ai toujours voué, je ne pouvais m'empêcher de faire souffrir Elke. Lorsque je ne faisais pas encore partie de First Arsch, je ne m'occupais pas assez d'elle. Pratiquement toute la journée, je trimais pour un travail minable afin de récolter le moindre sou. En guise de récompense, lorsque j'avais l'occasion de souffler un peu, j'allais dépenser tout de suite la moitié de mon argent dans le bar miteux du coin. Assis à une table, je savourais tranquillement un verre de tequila en compagnie de charmantes créatures et me laissait vite aller avec ces dernières. Oh bien sûr, dès qu'une de ces minettes m'offrait bien plus que de dangereux regards langoureux, j'étais rapidement rongé par le remord. J'aimais Elke comme je n'avais encore jamais aimé une autre femme mais malgré cela, une sorte de pulsion incontrôlable me dictait d'aller voir ailleurs. Je ressentais ce besoin vital de savoir si je pouvais plaire à d'autres femmes et ce malgré le fait d'être déjà en couple. Un besoin qui me tuait à petit feu. À chaque fois que je trompais Elke, la culpabilité qui se manifestait juste après n'en était que plus grande. Et c'était encore pire lorsque je retournais enfin chez moi et que ma compagne m'accueillait à bras ouverts, heureuse de retrouver celui pour qui son cœur battait. Pourtant, Elke n'était pas réellement dupe. À force de me voir rentrer à des heures plutôt tardives, la peau ancrée par une odeur féminine autre que la sienne, elle avait bien fini par se douter de quelque chose. Seulement, elle était toujours là. Elle restait auprès de moi. J'étais convaincu que l'amour qu'elle me portait, ainsi que le fait d'être le père de son enfant, l'empêchait de mettre un terme à notre histoire. Hélas, j'étais bien trop sûr de moi car un jour, la vérité avait fini par m'éclater en pleine face. Las de ce sentiment d'abandon, Elke avait finalement trouvé du réconfort dans les bras de celui que j'ai toujours considéré comme étant mon meilleur ami : Richard. Je les avais surpris un jour tous les deux en train de s'embrasser goulûment, dans ma propre chambre, sur mon propre lit. L'immense peine que j'avais ressenti à cet instant précis restera à jamais gravée dans ma mémoire. C'était comme si… C'était comme si mon visage se retrouvait brutalement lacéré par de multiples coups de fouet invisibles et ce jusqu'au point de totalement me défigurer. C'était comme si un milliers d'hommes enragés se ruaient vers moi à une vitesse fulgurante et que chacun de leurs piétinements étaient un nouveau coup de poignard planté en plein thorax. C'était comme si quelqu'un s'était amusé à m'ouvrir le torse par la seule force de ses mains et qu'ensuite, cette personne arrachait mon cœur de son orifice et prenait un malin plaisir à y enfoncer profondément ses ongles tranchants. Une douleur insupportable qui, aujourd'hui encore, réveille en moi cette plaie qui ne s'est jamais réellement fermée. C'était donc ça, être cocu…
Le pire dans toute cette histoire, c'est que je n'en ai jamais réellement voulu à Elke de s'être comportée ainsi. Après tout, je l'avais bien cherché. Ce châtiment était à la hauteur des peines qu'elle avait pu endurer, par ma faute. Comme le dit l'adage : « on récolte ce que l'on sème ». Au final, ma colère était entièrement retombée sur Richard. Ce gars faisait craquer toutes les filles qui avaient le malheur de croiser son regard mais non. Cet imbécile avait jeté son dévolu sur mon bien le plus précieux. Je crois bien qu'il ne s'était encore jamais mangé un tel pain dans sa vie. À côté de ça, le bombardement de Hiroshima était une pure rigolade. Il m'aura fallu deux bons mois avant de me décider de lui adresser à nouveau la parole. Parce que oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, je n'imagine pas une seule seconde mener ma vie sans avoir ce beau salopard à mes côtés et ce peu importe les crasses qu'il peut faire. L'amitié fraternelle que j'éprouve envers lui a toujours été plus forte que tout. Même la haine. C'est quelque chose d'assez inexplicable, en fait. Moi-même j'ai du mal à le comprendre.
- Till ? Till ? Tu m'entends ?
- Hein ? Quoi ?
- Je te parle depuis tout à l'heure mais tu ne m'écoutais pas apparemment.
- Excuse-moi, j'étais parti dans mes pensées.
- Oui, je m'en suis doutée … Tu te voyais déjà en train de taper sur tes fûts, j'imagine ?
- Non, j'étais juste en train de penser que j'avais de la chance d'avoir une aussi jolie petite amie, dis-je pour rattraper le coup.
Agréablement surprise par cette réponse, Svenja laisse afficher un large sourire sur son visage. Un sourire que je lui rends aussitôt, mécaniquement. Je me dirige ensuite vers la chambre de Nele et réveille cette dernière tout en douceur. Ses paupières ont dû mal à s'ouvrir mais au bout de quelques secondes, j'aperçois le bleu de ses yeux. Un « Bonjour mon petit papa » se fait entendre. Elle me tend ses bras chétifs pour réclamer son bisou du matin, chose que je lui donne sans plus attendre. Ces gestes-là peuvent paraître totalement anodins et pourtant, ils me suffisent amplement pour égayer ce début de journée. J'ai beau avoir accompli un ramassis d'erreurs dans ma vie, Nele n'en fait certainement pas partie. Elle est et restera toujours ma plus belle réussite.
Une fois Nele prête, je saisis sa petite main dans la mienne et m'empare des clés de voiture posées sur le petit meuble de l'entrée. Avant de quitter l'appartement, Svenja vient nous embrasser et nous souhaite de passer une bonne journée. Ma fille et moi passons le seuil de l'entrée et descendons les escaliers de l'immeuble. Pour l'amuser, je soulève légèrement Nele dans les airs à chaque marche que nous franchissons, par la seule force de ma main. Mon enfant rit ; mission accomplie. Une fois arrivés à ma voiture et bien installés à bord, j'insère ma clé dans le contact et nous voilà partis pour l'école maternelle. Histoire de mettre un peu d'ambiance, j'allume la radio. « Another Day In Paradise » est en train de passer juste à ce moment-là. J'observe Nele du coin de l'oeil. Elle s'amuse à secouer sa petite tête brune de gauche à droite, en rythme avec la chanson. Phil Collins à l'air d'être à son goût. Cela ne m'étonne pas beaucoup, à vrai dire. Sa mère est elle-même une fan du chanteur. C'est d'ailleurs sur une de ses compositions, « This Must Be Love », qu'Elke et moi nous étions unis pour le meilleur et pour le pire. Un mariage simple, sans extravagance et en petit comité. Elke était si resplendissante dans sa robe de mariée. Une beauté renversante, à vous couper le souffle… Bon sang, il faut que j'arrête de penser aussi souvent à mon ex-femme. Cela fait deux ans maintenant que notre mariage a pris fin. Je ne peux pas continuer à vivre comme ça, dans le passé. Je ne peux pas continuer d'espérer qu'un beau jour, elle débarquera de nulle part pour me pardonner toutes mes conneries et nous accorder ainsi une nouvelle chance. Je suis bien trop stupide d'imaginer une telle chose se produire.
Contrairement à moi qui peine à la remplacer dans mon coeur, Elke avait refait sa vie avec un autre homme. Un pauvre trou du cul qu'elle a rencontré l'an dernier, au cours d'une soirée entre amis. La simple idée de la savoir radieuse au bras d'un autre homme que moi me rend malade. Une attitude purement égoïste de ma part, je l'admets. Une attitude même incompréhensible puisque j'ai été moi-même incapable de rendre sa vie meilleure. Je devrais pourtant me réjouir de la voir enfin heureuse mais… je n'y arrive pas. Je suis jaloux. Profondément et excessivement jaloux. Son sourire éclatant ; ses beaux yeux verts émeraudes pétillants ; sa petite mèche de cheveux rebelle qui a la fâcheuse manie de venir chatouiller son œil droit ; ses lèvres au petit goût de fraise ; le parfum exquis de ses cheveux ; la douceur de sa peau ; la tendresse de chacun de ses gestes ; ses « Je t'aime » susurrés juste au creux de l'oreille ; sa fougue animale lorsqu'elle livre son corps tout entier… Toutes ces choses-là ne m'étaient plus réservées. Désormais, c'était son « chéri chéri » qui en profitait, comme elle l'appelle si bien. « Chéri chéri »... Quel surnom débile.
- Papa ? Tu grognes ?, demande innocemment Nele.
- Non ma puce. Je me racle juste un peu la gorge. Il y a quelque chose qui me gêne.
- Je suis sûre que c'est un chat !
- Mais oui, tu aurais bien raison ! Oh, attends, je sens que ça revient … Miaouuuu !
Nele rit de plus belle. S'il y avait bien quelque chose dans ce bas monde qui avait le don d'envelopper mon cœur d'une agréable chaleur, c'était le rire enfantin de ma fille. Il est alors 8h30 lorsque nous arrivons à l'école maternelle. J'accompagne Nele jusqu'à sa salle de classe. Je l'embrasse tendrement sur son front avant qu'elle n'aille rejoindre en vitesse ses petits camarades, pour jouer avec eux. Ah, l'innocence de la jeunesse… À chaque fois que je déposais ma petite fille, je ressentais toujours comme un léger pincement au cœur. Comme si une partie de moi-même me quittait, le temps d'une courte journée.
Par la suite, je retourne à mon véhicule et pars cette fois en direction du taudis qui servait de salle de répèt' au groupe dans lequel je suis batteur. 8h40 ; me voilà arrivé à bon port. Je me gare non loin de là et pénètre à l'intérieur du petit bâtiment. Paul est déjà là, installé dans un vieux fauteuil, en train de gratter les cordes de sa guitare. Je le rejoins et décide de le taquiner un peu, histoire d'entamer la conversation.
- Dis-moi, tu n'aurais pas pris un bain dans une machine à laver, par hasard ?
- Oh attention, je sens encore la super vanne pointer le bout de son nez.
- Non mais c'est vrai, je me pose la question car ta guitare me paraît plus énorme que d'habitude. Tu as dû rétrécir au lavage.
- C'est ta connerie qui est plus énorme que d'habitude, oui ! , dit-il en souriant de toutes ses dents.
- Possible, possible. Richard et Jörg ne sont pas encore là ?
- Richard non. Tu le connais, jamais à l'heure celui-là mais Jörg… Justement, je crois qu'on va avoir un problème pour aujourd'hui.
Voyant mon air intrigué, Paul pointe du doigt la pièce voisine ; celle qui nous servait de « salle de repos », en quelque sorte. Je marche vers elle et une fois à l'intérieur de celle-ci, je comprends très vite ce qu'a voulu dire mon ami. Mon regard se pose tout de suite sur l'espèce de bordel qui faisait office de canapé. Dessus, un Jörg complètement affalé, ivre mort. Des marmonnements incohérents sortent de sa bouche ; ses yeux sont vitreux et défoncés. Je n'ai même pas l'impression qu'il ait remarqué ma présence.
- Je l'ai trouvé comme ça tout à l'heure, quand je suis arrivé, dit Paul, qui m'avait rejoint. J'en connais un qui a dû faire la bringue ici, cette nuit.
- Il est irrécupérable. Il n'a pourtant pas besoin de se saouler la gueule pour chanter comme un mec torché. Il fait ça déjà très bien au naturel.
- Ah ça, je ne te le fais pas dire ! dit mon compère en riant.
- Alors la répèt' est annulée si je comprends bien ?
- Tu comprends vite quand tu veux ! Allez ... Tu peux repartir Till. Moi je vais rester ici pour veiller sur ...
- LE NAVIRE COULE ! VITE, LES FEEEEMMES ET LES N'ENFANTS D'ABEUUUURD !, s'égosille tout à coup Jörg, totalement barré dans son délire.
Surpris, Paul et moi nous échangeons un regard puis rions de bon cœur. Jörg faisait partie de ces gens bourrés qui débitaient un tas de conneries en un temps record. Pour notre plus grand bonheur.
- Oui Jörg, mais encore ?, s'esclaffe Paul.
- Il nous fait sûrement une reconstitution du Titanic, en version plus déjantée. dis-je. Et sinon, pour Richard ?
- Et bien il fera comme toi : il se déplacera pour rien !
- Ouais ... Comme ça au moins, je serai pas la seule bonne poire à m'être fait avoir pour aujourd'hui, hein.
Sur ces paroles, je laisse derrière moi mes deux camarades et quitte les lieux. Je me réinstalle à bord de mon véhicule et me demande ce que je pourrais bien faire à présent. Aller boire un coup ? Non, pas assez d'argent sur moi. Me balader dans le coin et attiser le regard de quelques gazelles ? Non, à cette heure si matinale, elles ne courent pas les rues. Bon, et bien je n'ai pas vraiment d'autre option. Direction l'appartement. J'en connais une qui sera ravie de me voir rentrer plus tôt.
Une fois de retour au bercail, j'ouvre la porte de mon appartement et à peine ais-je mis un pied à l'intérieur que j'entends des voix émaner de ma chambre. Pièce située non loin de là où je me trouve actuellement. Je referme tout doucement la porte d'entrée derrière moi et me dirige quasiment sur la pointe des pieds vers la pièce en question. Je colle mon oreille contre la porte afin d'entendre ce qu'il s'y passe.
- Je suis tellement contente que tu sois venu aussi vite. Je sais que tu devrais être avec les autres en ce moment mais j'avais trop envie de te voir. J'en pouvais plus.
- T'en fais pas pour eux. Je suis toujours en retard aux répèt' de toute façon, ils sont habitués. Ah Svenja … Tes gros seins m'ont beaucoup manqué, tu sais.
- T'es con !, dit Svenja, en riant aux éclats.
- Con peut-être, mais sous ton charme, ça c'est certain.
- Embrasse-moi …
Cette voix de séducteur à deux balles… Trop entendu. J'en avais trop entendu. Sans crier gare, j'ouvre violemment la porte en manquant de la démonter et assiste alors à une scène qui a comme un amer goût de déjà vu. Richard en train de fricoter avec ma compagne. Lui, torse nu, à moitié grimpé sur sa proie et elle, en petite tenue, les mains baladeuses. Ce spectacle hideux est tellement frappant de ressemblance avec celui d'autrefois que ma mémoire commence tout à coup à me jouer des tours. Ma vue se trouble. Richard avait laissé tomber ses longues dreads peroxydées pour retrouver une coupe plus soft et le visage de Svenja avait pris les traits de celui d'Elke. Près du lit, les vêtements qui traînaient par terre étaient devenus des jouets pour enfants de bas-âge. Tout est alors exactement comme il y a deux ans.
Les deux amants piégés ont leurs yeux braqués sur moi. À l'intérieur de ceux-ci, on peut y lire de la surprise et de l'effroi. Voyant mes mains se refermer sur elles-mêmes et subissant un regard des plus furieux de ma part, Richard s'empresse de retirer ses pattes de ce qui m'appartenait et tente de s'expliquer vainement, en balbutiant comme un gamin.
- Euh, euh, euh, T-Till, Laisse-m-moi t'expliquer !
- Il n'y a rien à expliquer. Tout est clair. Parfaitement clair.
- C'est, c'est un accident ! J'te jure ! J'ai essayé de lutter contre mes pulsions tu sais m-mais ...
- Je vais te tuer.
Tiraillé entre ma rage et ma douleur, je saisis alors vigoureusement mon pseudo-ami par les épaules et le plaque contre un des murs de la pièce. Instinctivement, une de mes mains le relâche et se transforme en un énorme poing, sous le regard apeuré de Richard.
- Till merde ! C'était un accident j'te dis !
- Arrête de me prendre pour un con, espèce de sale enfoiré ! Tu as toutes les filles à tes pieds, tu pourrais te taper n'importe laquelle d'entre elles mais non ! Il faut que tu ailles grignoter dans l'assiette de ton pote. Il a fallu que tu choisisses Elke, MA Elke !
- Je sais, je sais, j'suis vraiment qu'un pauvre con ; t'as toutes les raisons de vouloir ma peau mais, mais Elke se sentait tellement délaissée et alors y'a eu ce fameux soir où elle...
- Et tu oses me considérer comme ton propre frère, après ÇA ? Putain mais tu me dégoûtes, tu me dégoûtes à un point ! Je te laisserai pas me la prendre. Ah ça non, tu peux toujours rêver !
- Till je t'en prie, laisse-le ! Il n'y est pour rien !, crie soudain Elke.
L'intervention d'Elke me déstabilise pendant un bref instant. Sa voix, d'habitude si douce et si calme, était désormais habitée par la terreur.
« BAM ! »
Je reçois alors un violent coup de tête de la part de Richard, ce qui me fait perdre quelque peu l'équilibre. Ce bougre a beau être moins imposant que moi, il a quand même une sacrée force dans le crâne. Et moi qui pensait qu'il n'y avait presque rien dedans… Je recouvre doucement mes esprits et pose mes yeux sur le lit. Elke avait disparu. Ce n'était plus elle qui me regardait avec un air effrayé mais Svenja. Par terre, les jouets de Nele avaient laissé de nouveau la place aux vêtements froissés. Je tourne la tête en direction de Richard, celui-ci avait retrouvé son hideuse coupe habituelle. Mais que m'était-il arrivé ?
- Désolé pour le coup de boule mais tu ne m'as pas vraiment laissé le choix. T'étais complètement en train de perdre les boulons.
- Où est Elke ?
- Till, on est en 1989! 1-9-8-9! C'est du passé cette histoire, c'était y'a deux ans !
- Je crois bien … Je crois bien que j'étais reparti des années en arrière.
- Ouais, je crois bien aussi. Faut dire que … y'avait de quoi y penser. dit Richard, sur un ton gêné.
Ces dernières paroles prononcées par Richard me font définitivement revenir au présent. Je réalise que pour la seconde fois, Richard venait de foutre le bordel dans ma vie sentimentale. Je sens la colère en moi remonter à la surface mais cette fois, étrangement, je m’abstiens de lui démonter la mâchoire.
- Dégage. Dégage vite avant que je ne change d'avis et que je ne te refasse le portrait. Encore.
Richard ne se fait pas prier. En quelques secondes, il rassemble toutes ses affaires et dédale comme un lapin vers la sortie. Je me retrouve alors en tête-en-tête avec Svenja, qui était restée comme deux ronds de flanc sur le lit, la couverture recouvrant à moitié son corps.
- Qui est cette Elke ?, demande t-elle, l'air intrigué.
- Quelqu'un qui a eu bien plus d'importance que toi. Maintenant, prends tes affaires toi aussi et fiche le camp d'ici. Je ne veux plus te voir.
Dans le plus grand des silences, ma désormais ex-petite amie se rhabille. Elle prend quelques unes de ses affaires et se dirige vers la porte de la chambre, tout en me frôlant.
- Je reviendrai chercher le reste de mes affaires demain.
- Prends pas la peine de venir frapper à ma porte. Elles seront en bas de l'immeuble, pas très loin des poubelles. Estime-moi heureuse qu'elles ne terminent pas dedans.
- …
- Pars maintenant. Laisse-moi seul.
Sur ces mots, Svenja tourne les talons. J'entends la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer. À moitié sonné, je m’assois sur le bord du lit et commence à méditer sur ce qu'il vient de se passer. Je dois me rendre à l'évidence : mon histoire avec Elke m'avait marqué à un tel point qu'à ce jour, il m'est encore impossible de m'investir dans une autre relation. Ça ne peut plus durer. Vraiment plus. Il est grand temps de débuter une sorte de thérapie qui me guérira de cette profonde blessure. Pourquoi est-ce si difficile de tirer un trait sur une personne que l'on a aimé plus que tout ? Comment l'amour, un simple sentiment, peut-il être aussi destructeur ? Écrire, écrire… J'ai besoin d'écrire, maintenant. Vite, un papier, un stylo.
« Bewahret einander vor Herzeleid, denn kurz ist die Zeit die ihr beisammen seid.
Herzeleid. Herzeleid. Herzeleid ... »
Troisième Nouvelle
Je, Tu, Il.
- Mr Lindemann ?
- Oui ?
- Je peux prendre une photo avec vous ?
- Non, pas de photo.
Le jeune homme repart un peu dépité mais je m’en fous. C’est déjà un effort surhumain pour moi de venir faire une dédicace pour mon bouquin, d’être seul face à une bande de fanatiques qui me regarde comme une bête de foire. La plupart du temps je ne les regarde même pas, je prends le Messer qu’ils me tendent et le signe en écoutant leurs jérémiades.
- Merci pour tout ce que vous faites Till. Vous avez un talent extraordinaire.
- Merci mademoiselle.
- Vos poèmes sont magnifiques. Les textes de vos chansons aussi !
Je relève la tête, regarde cette fille et vois qu’elle n’est pas prête à s’éloigner de moi. Elle me regarde comme si j’étais le Saint Graal et ne cache pas son désir de se jeter sur moi. Elle doit avoir quoi, 20 ans ? Malgré mon habitude de me faire aguicher par des jeunes filles qui ont la moitié de mon âge, je trouve ça toujours assez perturbant. Quand j’avais 20 ans je n’avais pas de succès avec les nanas, et maintenant 25 ans après, je peux avoir les plus jolies filles du monde juste parce que je suis « célèbre » dans mon milieu. Bon, soyons honnête, c’est loin d’être désagréable… Mais ça a un côté frustrant.
Je tente de lui faire un sourire pour qu’elle me lâche un peu et qu’elle s’en aille sans en demander plus.
- Je peux prendre une photo ?
- Non, pas de photo, désolé.
Mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter de faire cette dédicace ? Les fans sont vraiment désespérants. Je suis sûr que sur tous ceux venus ici aujourd’hui, seulement la moitié d’entre eux liront ce bouquin en entier, et parmi eux seuls le quart comprendront mes poèmes.
Je continue mes signatures nonchalamment en comptant les minutes et en supportant les flashs qui arrivent d’un peu partout. Jusqu’à ce qu’une voix me fasse sortir de ma léthargie.
« Alors, on s’est mis à la poésie ? »
Cette voix… Je la reconnaitrais entre mille. Presque vingt ans que je ne l’ai pas entendue et pourtant je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir qui est en face de moi. Mon cœur s’emballe à cette idée et lentement mes yeux se redressent pour contempler le visage d’Hélène.
- Salut Till. Ca fait un bail, hein ?
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Chouette accueil.
- Tu ne peux pas me reprocher d’être surpris.
- J’ai lu ton bouquin. Je te suis un peu tu sais. Tu es devenu populaire, c’est bien. Je suis fière de toi.
- … Comment vas-tu ?
- Je vais bien. J’ai longtemps hésité avant de venir te voir.
- Pourquoi tu es venue ?
- Il le fallait bien un jour où l’autre… Après tout, on est toujours mariés.
- Tu veux qu’on se voie quand j’aurais fini ?
- Avec plaisir oui. Je pense qu’on a des choses à se dire.
- Attends moi au café d’en face. J’ai bientôt terminé.
- Entendu. A tout à l’heure.
La voir s’éloigner me fait un pincement au cœur. Hélène… C’est incroyable que cette femme réapparaisse dans ma vie aujourd’hui. Je regarde sa silhouette mince bouger au rythme de ses pas. Sa démarche est assurée et ses cheveux bruns tombent en cascade sur son dos. J’ai envie de la suivre sans attendre, cette petite fée mystérieuse. Ma femme.
- Till ?
- Oui…
Ce qui m’énerve encore plus avec ces rencontres avec les fans c’est qu’ils se sentent obligés de m’appeler par mon prénom. Comme si on se connaissait depuis toujours, comme si on était potes. Ils pensent me connaitre parce que je suis connu, comment peut-on autant se tromper ?
Encore une grosse demi-heure à griffonner mon nom sur des pages presque blanches. Le temps est long mais c’est pour la bonne cause parait-il. Je ne sais pas… C’est ce que dit mon éditeur.
Mes derniers admirateurs s’en vont, raccompagné par les agents de sécurité de la librairie, et me laissent enfin libres de mes mouvements. Je file prendre une veste, salue mes hôtes, et cours de l’autre côté de la rue.
Je pousse la porte du café et mes yeux la trouvent immédiatement. Sans un mot je m’approche et m’assois en face d’elle. Je la contemple en silence, elle sourit. Elle n’a pas changé. Ses cheveux sont plus longs, leur coupe est plus soignée, mais quelques mèches se débattent encore, symbole d’un passé de débauche qu’elle semble ne pas avoir oublié. Ses lèvres rouge pale, étirées en un sourire délicieux, me replongent dans ma jeunesse oubliée et mon cœur semble prendre de l’allure.
Ses yeux fixent mon visage, mes cicatrices, mes rides, mes cheveux très courts qui grisonnent et je me sens vieux. Pourtant, son regard brille comme lorsqu’elle me trouvait beau.
Encore une minute s’écoule sans qu’aucune parole ne vienne perturber cet instant ; Mais Hélène finit par ouvrir la bouche et prononcer une phrase que je ne comprends pas de suite.
- Je suis contente d’être publiée.
- Publiée ?
Ses yeux malicieux que quelques petites rides étaient venues entourer se posèrent sur le Messer qu’elle avait mis en face de moi. Ses mains aux ongles rouge cuivré vinrent tourner les pages du recueil pour s’arrêter à la numéro 12.
Ich habe dich im Traum gesehen.
Et alors, tout me revient en mémoire.
Il est étrange de se dire que tout peut basculer en une nuit. Que la personne à laquelle on avait juré fidélité et amour jusqu’à la fin de nos jours peut filer en douce pour ne plus jamais revenir.
Il est étrange de ne plus croire en la personne aimée.
Tellement étrange qu’en trois ans de mariage, cette idée ne m’avait jamais traversé l’esprit. Et pourtant…
Au fond de mon lit, dans mes draps en coton usés, je sortis lentement de mon sommeil et tendis machinalement le bras vers l’être aimé. Mais à la place d’un corps chaud à la peau douce, c’est un espace vide et froid que ma main vint découvrir. J’ouvrai les yeux et elle n’était pas là. Je regardai le réveil qui indiquait 8h30. Où était-elle ? Partie préparer le café ? Chercher les croissants ? Courir un peu ?
Je me retournai dans le lit et tentai de retrouver le sommeil : les grasses matinées se faisaient rares en ce moment. Malheureusement, seul, j’avais du mal à retrouver le chemin de Morphée et au bout de quelques minutes à ruminer dans mon coin je perdis patience et me levai mollement, énervé de savoir que ce n’était pas non plus ce matin que je pourrais rattraper mon sommeil en retard.
Je trainai les pieds jusqu’à la cuisine où je me fis couler un long café noir, et allumai la radio pour entendre les nouvelles du jour. Cela faisait à peine quelques mois que le mur de Berlin était tombé et il me fallait un certain temps d’adaptation pour me rendre compte de ce qu’il s’était passé dans le monde durant ces dernières décennies.
Je m’affalai sur le canapé du salon et posai ma tasse sur la table basse avant de remarquer que sur celle-ci se trouvait une petite boite interdite que je connaissais bien. La curiosité me piqua et je m’interrogeai : Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Pourquoi ? Et où était Hélène ? Je me relevai de mon canapé et la cherchai dans toutes les pièces, en vain. Dehors, sa voiture n’était plus dans la rue, et je commençais à m’inquiéter. De retour dans le salon mes yeux se reposèrent sur la boite rouge.
Ce petit coffre renfermait tout ce qu’Hélène n’avait jamais voulu me dévoiler depuis notre rencontre. Dedans se cachaient des poèmes qu’elle avait écrit au fur et à mesure de sa vie, avant et après notre rencontre. Elle disait y avoir dévoilé son âme et découvert sa folie. Mais jamais elle ne m’avait laissé les lires. Il faut dire que je n’avais pas une âme de poète et que je m’étais toujours moqué de ce genre d’écriture, préférant de loin les récits francs sans métaphores et rimes idiotes. Mais elle savait que j’aurais aimé lire ses poèmes et c’est probablement pour cette raison qu’elle les avait laissés à découvert aujourd’hui.
Je m’approchai, hésitai un peu. Je m’installai à nouveau sur le canapé et terminai mon café d’un air nonchalant, écoutant d’abord la fin des informations avant de me repencher sur cette petite boite rouge. Je l’ouvris sans peine et attrapai le premier poème. L’écriture était soignée et l’encre était un peu abimée, il devait dater de quelques années.
« L’ombre d’une fleur tu es
La fleur, elle, est bien cachée
Mais l’ombre est bien plus visible
Et je demeure invisible. »
Seulement quatre vers mais ils me troublèrent un peu. Je continuai dans mes lectures et découvris de nombreux poèmes à base de « Tu » et de « je ». Quelques « nous » de temps en temps, mais je ne parvins pas à comprendre de qui il s’agissait, à qui elle s’adressait. Au bout d’une vingtaine de poèmes, un, simplement nommé « Toi et moi » vint éclaircir mes pensées.
« Tu es l’extérieur aguicheur
Qui jamais des autres n’a peur
Autour de toi on te nomme belle, rebelle,
Au fond se cache une vérité cruelle
Je suis l’être peureux,
Le vrai qui tremble un peu
A l’idée de me montrer sous un jour nouveau
Quand le courage viendra de te faire ce cadeau,
Alors, toi et moi vivrons en harmonie
Une unique personne pour la vie. »
Ce texte me frappa de plein fouet, mais je dus le relire plusieurs fois avant d’admettre son sens : Ma femme, schizophrène ? Non… Non. C’était juste des poèmes…
Je rangeai celui-ci dans un coin et pris le prochain entre mes doigts. Il s’intitulait « deux en un ». Je ne pris même pas la peine de le lire et attrapait le suivant, puis le suivant, puis un autre et encore un.
Tous relataient la double personnalité de mon épouse. « Tu » était la personne qu’elle semblait être au regard du monde extérieur, et le « je » était la personne nichée au fond d’elle et qui n’aspirait qu’à sortir. Puis vint le «Il »… Moi.
« Depuis son arrivée dans notre vie,
Nous avons une troisième compagnie
Homme solide aux épaules larges
Plutôt drôle, au fond un peu barge
Il t’aime sans t’en demander plus
Son affection est un virus
Il monopolise ton esprit,
Comme moi jadis au fond de ton lit
Je dois avouer, non sans mal
Qu’il te plait cet animal
Dans ses bras tu te complais
Et ainsi je disparais. »
Je passai aux textes suivants et constatai avec une pointe de gêne que le « je » avait disparu de ses poèmes dès lors que j’étais entré dans sa vie. Je l’avais changée.
Je ne savais pas comment je devais le prendre, je pensais que l’avoir guéri de sa schizophrénie était une bonne chose, mais au fond de moi je sentais une pointe de crainte prendre le dessus. Avais-je vraiment été un vaccin ?
Je continuai ma lecture, persuadé de trouver la réponse noire sur blanc dans les feuilles suivantes, mais rien. Uniquement des poèmes à base de « il » et de «tu ».
Je fus forcé de constater un peu malgré moi que la deuxième personne était toujours présente et n’était pas devenue « je » comme on aurait pu s’y attendre si la personnalité d’Hélène était redevenue stable et unique.
J’enchainais les poèmes et bientôt j’eu le dernier en main. Il était daté de plus d’un an auparavant et je ressentis une certaine frustration qu’il n’ait pas été plus récent. De plus il était assez banal, dans la lignée des autres. Il racontait notre vie de jeunes mariés et une certaine nostalgie émanait de ces vers.
Je rangeais la centaine de papiers dans la petite boite rouge en prenant soin de les laisser dans l’ordre, et me levai pour attendre ma femme qui commençait à me manquer douloureusement.
L’heure tournait et la patience me manquait, je faisais les cents pas, sortais, rentrais, me baladais d’un coin à l’autre de la maison. Je décidai de prendre une douche pour me calmer un peu, puis traversai ma chambre, une serviette autour de la taille, pour ouvrir mon dressing et choisir une tenue qu’Hélène affectionnait particulièrement. Sauf que mon cœur s’arrêta avant que je ne la trouve.
Dans le placard, la moitié des affaires manquait. Les vêtements de ma femme, ainsi que la grande valise que sa mère lui avait offerte pour notre voyage de noces.
Hélène était partie.
Sans bruit, dans la nuit, ma femme m’avait quitté.
Je me laissai tomber sur le lit et c’est à cet instant que je remarquai un petit papier, semblable à ceux de la boite rouge, posé sur la table de nuit.
Je le pris et lu le dernier poème qu’elle m’ait laissé – le dernier qu’elle ait écrit et, dans un style complètement différent, de loin le meilleur. Le « je » était de retour.
« Je t’ai aperçu en rêve
par une nuit claire sur mon lit dur
je me débattais avec ce mauvais rêve
mes lourdes semelles étaient de plomb
l’être m’incitant la peur me frôle rapidement
et mûri en envie, il devient fou
interpelant toutes les bonnes femmes par ton nom
et je ne me réveille plus
pourquoi la Terre s’affaisse t-elle ?
mes doigts se crispent dans la boue
quand il m’envoie vigoureusement
son pied dans la figure
L’épuisement me scie les doigts
il m’enfonce violemment les côtes
m’arrache un tressaillement des lèvres
ligoté à un reste de vie
il me jette des miettes de pitié en pâture
il me domine victorieusement
rit et me parle de toi
lorsque toute jeune encore
tu étais à l’autel
et t’unissais à lui devant mes yeux
dire que je pensais que tu m’attendrais
je sors de ce sommeil si perturbé
regrettant de ne pas être mort pendant ce rêve »
- Je suis désolée d’être partie sans rien dire.
- Si j’avais été un bon mari, tu ne serais pas partie. Tu n’aurais pas eu… peur de moi.
- Tu crois qu’il s’agit de ça ?
- C’est assez explicite non ? « l’être m’incitant la peur me frôle rapidement, et mûri en envie, il devient fou, interpelant toutes les bonnes femmes par ton nom… » « il me domine victorieusement, rit et me parle de toi, lorsque toute jeune encore tu étais à l’autel et t’unissais à lui devant mes yeux »… Je te faisais peur.
- Tu terrifiais une partie de moi seulement. J’étais malade, tu dois le savoir maintenant. Tu as été un remède durant plusieurs années, j’étais bien avec toi. Et puis la maladie a fini par l’emporter. C’est pour ça que je suis partie. Je suis désolée.
- Ne t’en fais pas pour ça…
Cela faisait des années que j’en rêvais. Des années que je souhaitais revoir Hélène pour lui balancer tout ce que j’avais sur le cœur et lui faire autant de mal qu’elle avait pu m’en faire. Des années que la douleur de cet amour n’attendait qu’à être violemment expulsée au visage de celle qui en était responsable. Mais maintenant qu’elle était là, en face de moi, les yeux levés vers les miens et un demi-sourire sur ses lèvres, je ne souhaitais plus qu’une chose : la prendre dans mes bras.
Wow. Alors pour commencer, je voudrais revenir sur le petit "pavé" du début. C'est vrai que c'est fort dommage de ne pas avoir plus de nouvelles à lire et qu'il n'y ait pas plus de personnes qui participent. Et c'est vraiment nul de ne pas prévenir alors qu'on se dit motivé et prête à participer. Ca c'est passé comme ça pour ce concours, j'espère grandement que la suite des concours sera différente.
RépondreSupprimerPour ce qui est du jury, je veux bien participer et être membre si je n'envoie pas de nouvelles pour un des prochains concours. A moins qu'on puisse faire les deux à la fois?
Bon, maintenant, parlons des nouvelles. La première m'a bluffé, honnêtement j'ai adoré. Bon, elle m'a quand même fortement fait pensé à une des miennes, mais le fond était différent et j'ai adoré. Juste une légère déception à la fin, que je trouve un peu plate.
La deuxième... ben, c'est un sans faute. De part sa longueur on permet de bien s'attacher aux personnages (à Till principalement bien sûr). Le sujet de cette nouvelle est pourtant le plus prévisible: L'ex de Till avec Richard. Et pourtant c'est si bien raconté! l'écriture est jolie et fluide, on est plongé dans l'histoire dès le début qui est plutôt... accrocheur ^^ et les touches d'humour sont jubilatoires. La fin est une touche d'éclat dans la continuité parfaite du récit.
Bref j'aime.
Mon vote va à Elke.
J'ai reçu ton MP sur Facebook et comme tu l'as demandé, j'ai bien lu ce que tu as marqué avant les nouvelles. En ce qui concerne les participants qui n'ont pas eu un comportement correct envers toi, je suis d'accord avec ce que tu dis. Un sérieux blocage sur l'écriture, un manque de temps ou autre empêchement peut arriver à tout le monde. C'est tout à fait compréhensible. Néanmoins, la moindre des choses est de te prévenir. C'est une question de politesse et de respect. Rédiger un simple message ne demande que 5 petites minutes, cela ne coûte donc rien ! J'espère qu'à l'avenir, ces personnes sauront t'avertir en temps et en heure.
RépondreSupprimerPour ce qui est de l'idée de créer un Jury, ça me paraît plutôt intéressant ! Mais en décidant de faire ça, est-ce que les lecteurs auront toujours le droit de voter pour la nouvelle qu'ils auront préféré ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ne pas faire non plus une partie notation lecteurs en plus de celle du Jury ? Ainsi, les lecteurs pourront toujours exprimer leurs avis mais seul le résultat obtenu par le Jury comptera. Tu me suis ? Moi et les explications, ça fait deux, mdr ! À part ça, je serais partante pour faire partie tantôt du Jury, tantôt des auteurs. J'alternerais en fonction de mon humeur quoi, lol !
Et ne t'en fais pas pour la pub de ton blog, j'en ai déjà faite de mon côté ! Mais malheureusement, faut croire que ça n'a pas trop marché … Fuck ! Je vais sûrement aller faire de la propagande ailleurs, là où se nichent des fans du groupe.
Mes avis sur les nouvelles arrivent dans un autre commentaire car il s'avère que celui que je voulais poster à l'origine était beaucoup trop gros. ^^
Voici donc mes avis sur les nouvelles !
RépondreSupprimerLa nouvelle « Tu seras mon fils » : Je dois dire que cette nouvelle m'a assez plue. Plutôt courte mais efficace. L'auteur utilise un style d'écriture que j'affectionne, c'est-à-dire quelque chose de simple et de fluide. Ça se lit facilement, c'est très agréable. On parvient à ressentir les différentes émotions qui submergent Till durant le récit. Les consignes du concours ont été respectées : Till est le personnage principal, on retrouve des passages qui se réfèrent au passé de notre protagoniste, l'histoire se passe au présent. L'idée d'associer la douleur évoquée dans le poème à celle que Till peut ressentir par rapport à son père est pour le coup assez originale ! Je n'aurais jamais songé à exploiter une telle idée … À plusieurs reprises, on retrouve bien des passages cités directement du poème mais je ne sais pas. Je n'arrive pas tellement à faire un lien avec lui (le poème). Peut-être parce qu'à mes yeux, « Ich habe dich im Traum gesehen » reflète avant tout la perte d'une femme aimée ? Oui, c'est sans doute pour cela. Mais cela étant dit, le but de ce concours n'était-il pas de permettre aux auteurs d'exprimer la représentation qu'ils avaient de « Ich habe dich im Traum gesehen » ? Je respecte ce point de vue. L'atroce douleur qui apparaît dans le poème de Till marche tout aussi bien ici. Elle a bien été retranscrite. Merci à cet auteur pour m'avoir tout de même faite passer un agréable moment !
La nouvelle « Elke » : Je ne ferai aucun commentaire sur cette nouvelle puisqu'il s'agit de la mienne, ah ah ah (j'ai le droit de le dire ici puisque ce commentaire ne sera validé qu'au moment des résultats ^^) !
La nouvelle : « Je, Tu, Il » : Alors là, que dire … Que dire si ce n'est que je suis restée complètement estomaquée par cette nouvelle. Bon déjà, encore une fois, toutes les consignes ont été absolument respectées. Ça c'est clair et net. Mais l'intrigue, cette intrigue nom de Dieu ! Je suis bluffée par l'imagination de l'auteur. Contrairement à moi qui a plutôt joué dans la facilité du « elle m'a fait cocu avec un autre », là on a une histoire recherchée et qui sort du commun. Le fait que cette Hélène soit partie à cause de sa maladie mentale, ses poèmes, les pronoms qui se réfèrent à ses deux personnalités …. Non franchement, c'est génial ! D'ailleurs, j'ignore si les poèmes que l'on peut lire ici ont été entièrement composés par l'auteur mais si c'est le cas, je le/la félicite car il/elle a dû bien se gaver à trouver les mots et les rimes qu'il fallait à chaque fois. La représentation du poème « Ich habe dich im Traum gesehen » prend vraiment forme à travers cette nouvelle. Chaque chose coïncide, tout est relié, c'est vraiment parfait. Je ne sais vraiment pas quoi dire d'autre tellement j'ai été emballée par cette lecture. Je pense avoir ma petite idée sur l'auteur (ça sent Nina derrière tout ça) mais qu'en sais-je vraiment ? Peut-être que je me fais bernée par un autre bon auteur. ^^
Mon choix final : Je pense que ça se devine. Mon vote va pour la dernière nouvelle, « Je, Tu, Il ». J'ai beaucoup apprécié « Tu seras mon fils » mais « Je, Tu, Il » m'a tellement renversée par sa créativité et sa technique que mon choix ne peut se porter que sur lui.
Je félicite les deux auteurs pour nous avoir offert ces deux bons crus et j'espère qu'on aura l'occasion de les relire prochainement !
je vote pour la nouvelle "Je,Tu, Il" car j'ai trouvé très original d'insérer le thème de la schizophrénie pour ce poème et en plus,ça y correspond plutôt bien grâce à la justesse d'écriture de l'auteur, avec les flash-back et les autres poèmes très explicites.
RépondreSupprimerAlors alors ...
RépondreSupprimerDéjà concernant "l'organisation" des futurs concours, je serais ravie de faire partie du "jury". Je pense que c'est une bonne idée de faire tourner auteurs/jury, si ce n'est que dans tout les cas je ne suis pas dans une bonne conjoncture pour écrire, donc pour le moment il ne faut pas compter sur moi pour écrire ... :(
Tu pourrais peut-être alterner concours jugé sur jury/jugé par le public. Mixer les deux serait compliqué, donc faire en alternance parait un bon compromis je pense ^^
Et si tu es parfois un peu à court d'idées, peut-être que c'est le jury lui-même qui pourrait déterminer du sujet à traiter? :)
A présent revenons sur ce concours-ci ...
Je suis assez vite rentrée dans la première nouvelle : l'histoire me plaisait bien, les sentiments exposés mais la fin ... m'a laissé sur ma faim. C'était beaucoup trop brutal, à tel point qu'on se demande où l'auteur a vraiment voulu nous emmener ... Et le rapport au thème était trop éloigné à mon goût. Vous l'aurez deviné, celui-ci n'est pas mon favori (même si ça n'enlève rien au talent d'écriture de l'auteur, comme je l'ai dis j'ai beaucoup aimé l’entrelacement de sentiments, le cheminement du personnage etc).
Il restait donc ensuite deux nouvelles, que j'ai beaucoup appréciées pour des raisons différentes.
La deuxième : un style très fluide et une capacité à nous plonger dans la tête du personnage. J'ai adoré sa façon d'interpréter le sujet du concours d'une manière très métaphorique, à vraiment jouer sur le concept de la vision, c'était un risque à prendre et le résultat est très concluant je trouve!
La troisième et dernière nouvelle : au début on se demande un peu où on va nous emmener ou bien que c'est un peu facile comme contexte de prendre directement le livre dans l'histoire .... Mais non! Le dénouement est très très bien amené. Je pensais qu'Hélène était juste un personnage du rêve, or elle en est le sujet et l'auteur. Bon sang j'ai adoré que l'auteur donne un tout autre sens au poème et parte si loin :D (Et puis moi et les histoires de double personnalité, schizophrénie etc j'adore!).
Alors même si au début d'écrire ce commentaire je ne savais pas encore qui choisir, là après mettre un peu enflammée sur le dernier il va de soit que c'est pour celui-ci que je vote! Bravo à l'auteur de "Je, tu, il"! Et bravo aux deux autres car j'ai passé un très bon moment à vous lire tous les trois! :D
Je vote pour Je, Tu, Il.
RépondreSupprimerPar ce que l'histoire D'Hélène m'a touchée avec sa schizophrénie , qu'elle essaye de "guérir" avec ses poèmes et sa relation avec Till , mais qui finalement a pris peur , et c'est bien décrit comment se départ l'a fait souffrir , et que même si il lui en voulait finalement il lui pardonne.
Mais pourquoi il lui a volé ses poèmes ? (pour lui rendre "hommage" ?)
puis , dans le récit on voit bien ses réactions , émotions ;
le fait qu'il n'aime pas trop les fans et qu'il se montre "renfermé" (tout ça est cohérent avec sa personnalité ou du moins l’impression qu'il dégage.)et dans le flash-back on ressent bien la souffrance lorsqu'il apprend qu'Hélène l'a quitté.
et le poème est bien exploitée dans l'histoire , il est important pour comprendre l'histoire et permets de cerner la personnalité d'Hélène.
Et finalement qu'a la fin il oublie sa rancœur on la voyons et que l'histoire se termine sur une note positive.
Voila j'espère que mon argumentation est suffisante , je ne sais pas vraiment argumenter.
Alors déjà, merci à tout le monde de nous faire partager leurs écrits, ou re-partager. Et maintenant, place à mes avis !
RépondreSupprimer« Tu seras mon fils » :
Cette nouvelle a quelque chose de poétique quelque part. Malgré que mon interprétation du poème qui a servis de fil conducteur aux nouvelles, ne soit pas la même que la mienne, cette nouvelle est vraiment bien construite et suis vraiment l'idée principale. Petit be-mol, un peu courte, mais comme on dit, les plus courtes sont les meilleures !
« Elke » :
Cette nouvelle me perturbe un peu car c'est vraiment mon interprétation du poème ! Richard en briseur de couple, c'est vraiment comme ça que je voyais le poème ! Elle est vraiment bien construite, le retourne en arrière est bien là, elle suis bien-sûr le poème. "LE NAVIRE COULE ! VITE, LES FEEEEMMES ET LES N'ENFANTS D'ABEUUUURD !" J'imagine très bien la scène ! xD Un peu d'humour dans ce genre de nouvelle qui relate un fait plutôt sombre ne fait jamais de mal ! Et ce coup de théâtre qui finit par les premiers mots de "Herzeleid" ! Magnifique !
« Je, Tu, Il » :
Je trouve l'idée de départ géniale et bien pensée ! Et tellement simple au fond, sans méchanceté aucune, comment ne pas penser à l'oeuvre directement ! C'est une magnifique nouvelle qui fait vraiment réfléchir et qui a un sens très différente des deux autres. J'aime beaucoup, en plus, ça se finit plutôt bien, ça change un peu !
Pour finir, je vais quand même voter. Je remercie encore une fois nos auteurs de talents qui ont su nous faire vivre plein d'émotion dans ces trois nouvelles. Ça va être très dur de choisir... Mais mon coup de coeur, et donc mon vote, sera pour « Elke » car c'est vraiment comme ça que je vois l'interprétation du poème.
Encore une fois : Merci et BRAVO !
J'ignore si c'est trop tard pour voter (petit souci de connexion réglé in extremis) mais au cas où, voici rapidement mon vote avec explication.
RépondreSupprimerExtrêmement difficile de choisir - les trois nouvelles sont très bien écrites, offrant une interprétation particulière du poème de base.
Mais pour l'énorme travail accompli, je vote pour la troisième nouvelle, "Je, tu, il".
Les deux autres sont quand même très réussies: "Tu seras mon fils" parvient à dévoiler un Till à multi-facettes avec beaucoup de lenteur, ce qui est parfait pour une nouvelle qui se veut assez mélancolique. Elle me rappelle aussi le film "Tu seras mon fils" dans la thématique choisie. "Elke" est vraiment très drôle, par les dialogues et les situations (le personnage de Richard est à se tordre de rire), et j'aime beaucoup les comparaisons du début (pour le premier adultère).
Mais au final, c'est "Je, tu, il" qui sort du lot: interprétation très originale du poème de base, travail sur l'écriture avec des poèmes inclus dans la nouvelle, et un Till assez fidèle à son image ("Non, pas de photo!" ^^) tout en étant surprenant à la fois (sa réaction face au retour d'Hélène). Le mystère qui entoure cette nouvelle est intéressant aussi: le retour d'Hélène n'est jamais vraiment expliqué. C'est aussi ça, une nouvelle réussie: elle garde son petit secret. :)
Je reviens pour répondre à la première partie de l'article, cette fois.
RépondreSupprimerConcernant le déroulement de ce concours-ci: comme je t'ai dit, je me suis sentie bloquée dès l'annonce des règles. Je crois que je fonctionne au thème, assez peu aux "directives" - ce que je veux dire, c'est que lorsque je tombe sur un concours, je teste plusieurs formes pour trouver la bonne, celle qui "m'inspire" et qui colle au thème à la fois. Mais quand la forme est déjà donnée, j'ai l'impression de revivre l'épreuve d'invention du Bac: c'est comme rendre un devoir, c'est moins personnel, donc moins motivant. Mais peut-être que ça aide plus de personnes? Dans ce cas, je comprendrai très bien que tu veuilles rester sur ce format de concours. ;)
Concernant le changement de plateforme: c'est comme tu veux! ;) Je suis accro à Blogger, donc j'ai du mal à aller ailleurs, mais quand faut y aller, faut y aller! xD
Concernant l'idée du jury: c'est plutôt sympa, mais ça implique une organisation plus stricte. Il faudrait peut-être entre 5 à 10 écrivains réguliers, ou quelque chose comme ça, pour faire tourner le blog (avec 5, ça ferait 2 jurés et 3 participants "sûrs" qui peuvent ensuite tourner).
Personnellement, je me serais proposée avec grand-plaisir, mais je préfère ne pas m'engager pour des raisons purement techniques. Je ne vais plus avoir Internet régulièrement dès juillet, et j'ignore si je pourrai m'abonner en septembre... :/